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Cholet. Venus de l'Essonne, ils veulent travailler à Cholet... |
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Cholet, jeudi 4 juillet. Venus d’Épinay-sur-Seine, Luis Soares Duarte et Pierre Okemba envisagent d’emménager à Cholet, où les entreprises leur ouvrent les bras. © CO – Carl GUILLET
Pole emploi, l’Agglo et trois entreprises du Choletais ont invité treize demandeurs d’emploi de la région parisienne à découvrir le territoire, la semaine dernière. Une première.
Plus de 360 km séparent Épinay-sous-Sénart, dans l'Essonne, de Cholet. La ville de Luis Soares Duarte et de Pierre Okemba, deux demandeurs d’emploi, affiche un taux de chômage d’environ 17 %. Énorme par rapport aux 5,4 % du Choletais. Pourquoi ne pas les faire venir ces deux travailleurs ici, où les besoins en main-d’œuvre qualifiée sont criants ?
Du lundi 3 au vendredi 5 juillet, treize volontaires de la région parisienne ont passé leur semaine à Cholet, dans le cadre d’une expérimentation menée par Pole emploi, l’Agglo du Choletais et trois entreprises. Une opération « séduction » nationale, où Cholet, comme Laval (Mayenne) font figure de pionniers. Le sourire jusqu’aux oreilles, Luis Darte Suares, 41 ans, espère fébrilement signer son CDI. « Vous avez une très belle ville, ce n’est pas de ma faute ! »,
sourit ce tourneur fraiseur de formation, qui avait « une envie de changer d’air »,
en déménageant en province. Ce sera peut-être chez Michelin, la Caib ou Grolleau.
« À Paris, trouver un emploi fixe est moins évident. »
Durant trois jours, les salariés ont visité ces trois entreprises participant à l’expérience. À Montilliers, l’entreprise Grolleau a sauté sur l’opportunité. Le fabricant d’armoires électriques emploie 190 salariés et une soixantaine d’intérimaires à Montilliers. « Nous sommes toujours en croissance et nous embauchons au moins vingt personnes par an,
explique Damien Payraudeau, responsable des ressources humaines. J’ai trouvé que c’était très intéressant humainement. La plupart des candidats ont de vrais projets de vie. Si on arrive à signer un CDI à la fin de cette expérience, ce sera déjà une réussite. »
Pour Michelin aussi, « c’est un changement de paradigme,
dit Stéphane Rolland, responsable recrutement pour la région Ouest. Il va falloir relancer une deuxième expérience. »
Le site choletais, qui emploie 1 400 salariés, recrute pas moins de 180 salariés par an en raison notamment des nombreux départs à la retraite. « Il est plus simple de déménager que de faire 60 km par jour »,
observe Damien Payrodeau.
L’autre particularité de l’opération, c’est l’implication de l’Agglomération du Choletais, véritable VRP du territoire. Pendant une journée, les candidats ont réalisé, avec l’office de tourisme, le tour de Cholet : lac de Ribou, le centre-ville, théâtre… et le nouveau quartier Val-de-Moine, prisé des familles. « Nous avons mis en avant nos points forts, l’éducation pour les enfants, la santé, ou encore les aspects loisirs et sport, tout en attirant leur attention sur le faible prix de l’immobilier,
souligne John Davis, vice-président de l’Agglo. Nous avons beaucoup insisté sur la facilité d’élever des enfants à Cholet. »
En résumé, « ils se sont sentis désirés »,
souligne Nicolas Genève, directeur du Pole emploi de Cholet.
Visiblement, la stratégie fonctionne. « J’ai voulu y participer un peu par curiosité,
admet Pierre Okemba. Finalement, je suis séduit par cette ville. Je compte y rester. »
Depuis un licenciement économique, celui qui a commencé sa carrière dans la vente a enchaîné les missions d’intérim dans la logistique et l’industrie. « J’ai toujours recherché un emploi fixe, et à Paris, ce n’est pas évident,
explique ce père de deux enfants, âgés de 13 et 2 ans. La vie est aussi compliquée au niveau du cadre de vie, ou du transport public. Nous avons besoin de nous ressourcer. À Cholet, je peux trouver cela. »
L’association Action logement accompagnera ceux qui seront embauchés. Comme Luis, Pierre s’y voit déjà : « Nous avons un projet d’acquisition. »