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Chalonnes-sur-Loire. « Le vieillissement, on le vit chacun à sa manière »... |
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Nadège Poilane (Anjou accompagnement), Catherine Kitour du SSIAD Loire et Coteaux, partenaires de ce temps fort auprès de Dorothée Gourdon, directrice de Soleil de Loire. « Même nous, pourtant professionnelles de longue date, nous sommes fait cueillir par l’émotion », avouent-elles en chœur. © CO
Entretien
L’émotion était encore palpable en cette fin d’après-midi du 7 octobre à la résidence Soleil de Loire de Chalonnes. La rencontre traitait d’un sujet rarement évoqué : la féminité au fil de la vie. Rencontre avec Dorothée Gourdon, directrice de l’établissement.
Comment avez-vous construit cette rencontre ?
Dorothée Gourdon : « Avec Catherine du Service de soins infirmiers à domicile (SSIAD), Fabienne et Maeva, soignantes d’Anjou Accompagnement avec Mélanie et Caroline ainsi que Nadège, également d’Anjou Accompagnement, partenaires santé de l’établissement et bien sûr Marion et Laetitia de la résidence. Cet après-midi ouvert aux non-résidentes a réuni près de 40 femmes de 36 à 95 ans sur un thème rarement abordé.
Nous avons présenté « Nue », un court-métrage de Catherine Bernstein. La caméra s’attarde sur un corps de femme nu, filmé par sa fille. Chaque fragment, peau, regard, geste, raconte une vie. Peu à peu, la parole recompose ce corps dans son unité. Face à un cinéma qui fragmente souvent le corps féminin, ce film réunit, apaise et célèbre la beauté simple d’un corps réel : un geste pudique et bouleversant sur l’amour, la filiation et l’acceptation de soi. »
Le temps d’échange qui a suivi a été fort !
« Oui, 45 minutes d’une grande richesse ! Le vieillissement, on le vit tous, mais chacun à sa manière. Il dit notre rapport au temps, à l’âge, ce qui change et ce qui reste. Besoin de l’amour de l’autre pour accepter son corps, on passe des années à se juger, à se cacher, à douter. Le regard d’autrui peut avoir des effets négatifs comme l’anxiété, la perte de confiance en soi, ou positif qui renforcera la confiance en soi. Avoir une bonne image corporelle, ce n’est pas adorer son corps, c’est le connaître et le respecter : perception visuelle, sensations internes (douleurs ou légèreté, etc.), jugement (trop grosse, trop ridée, trop petite) et le cortège des émotions face à ces constats sans oublier le regard social des autres, de la famille, des amis, des médias, des réseaux sociaux… »
Avec plusieurs ateliers proposés ?
« Oui, en tables rondes. Il a été question de métabolisme, de partage d’expériences entre professionnelles et participantes. Un atelier proposait des solutions concrètes pour plus de confort, de beauté ou résoudre petits ou gros soucis. Des échanges libres dans une ambiance bienveillante où toutes étaient émues. »