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Chalonnes-sur-Loire. « L’IA entraîne des troubles sociaux »... |
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Les Sages de Chalonnes, de gauche à droite : Jean-Louis Grellier, Bernard Cady, Hervé Mayer, l’enseignant-chercheur et docteur en informatique, Fabien Chhel, et René Lefort. © CO
3 questions Ã
Le Conseil des sages a initié une conférence autour de l’intelligence artificielle (IA) au cinéma de Chalonnes ce mardi 10 février. Environ soixante-dix personnes étaient présentes. Le Conseil a regretté que l’assistance soit surtout des cheveux blancs
et que la communication auprès des collèges soit restées vaine, autant du côté des jeunes que des parents ou des enseignants. Rencontre avec Fabien Chhel, enseignant-chercheur et docteur en informatique à l’ESEO d’Angers, école d’ingénieurs des nouvelles technologies.
Qu’est-ce que l’IA ?
Fabien Chhel : « L’IA est née en 1956. Ce sont des programmes informatiques qui ont besoin de données personnelles. L’IA générative est un nouveau contenu qui n’existait pas avant dans les données. En quelques secondes, j’ai pu faire écouter une chanson de rap sur la Loire à Chalonnes par exemple. »
Quels sont les impacts sur la société ?
« Selon certaines études, l’IA pourrait, d’ici 2030, contribuer à hauteur de 14 700 milliards de dollars à l’économie mondiale. On est parti de zéro utilisateur de ChatGPT en 2023 à 800 millions en juillet 2025. Elle génère une consommation d’électricité incroyable. Enfin, les impacts sur nos vies sont multiples. Par exemple, sur la thématique des relations humaines, on interroge une machine ! Toutefois, l’IA au service de la médecine et notamment de l’imagerie est source de progrès. Le but de l’IA est de faire consommer pour faire plaisir : les algorithmes de recommandations sont là pour ça. On a clairement un risque de repli social quand on vit dans une bulle informationnelle. Les autres risques sont connus : deepfakes, fake news, cyberharcèlement, addiction, respect de la vie privée, vol de données personnelles ou encore influence sur les élections. On constate un clivage entre ceux qui vont faire une utilisation intelligente de l’IA et ceux qui vont tout croire. Et elle entraîne des troubles sociaux : des études montrent que ce sont les plus jeunes qui ne sont plus employés. »
Comment s’en sortir ?
« En France, nous avons la chance d’être un peu protégés par la RGPD qui protège nos données personnelles et l’IA Act. Il y a aussi des questions d’éthique. Exemple : une voiture autonome doit-elle protéger son passager ou sacrifier le piéton ? J’ai trois conseils à donner : on limite, on vérifie les informations, on discute et on échange ! Je suis un pessimiste confiant mais ça va être compliqué ! »