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Caméras, drones, Intelligence artificielle : l’innovation au service des pompiers... |
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De nouveaux outils équipent les pompiers pour piloter leurs opérations, comme ici lors de l’incendie du massif forestier de La Breille-les-Pins (Maine-et-Loire) en avril 2025. © CO - Josselin CLAIR
Caméras, drones, géolocalisation, intelligence artificielle : les évolutions technologiques permettent aux pompiers de gagner en efficacité.
Vidéodétection des feux de forêts
Comme pour les drones, l’été 2022 a été un tournant pour l’utilisation des caméras. L’incendie de Baugé avait été détecté par les caméras installées en Sarthe.  Nos collègues ont aperçu la fumée sur leurs images et nous ont alertés 6-7 minutes avant qu’on reçoive les premiers appels 18. La Sarthe nous a envoyé des photos où l’on apercevait deux grands panaches de fumée »,
se remémore le commandant Xavier Metras, chef du groupement qualité-performance au SDIS 49.
À la suite de cet épisode, il a été décidé de mettre en place ce même système en Maine-et-Loire. Quinze points hauts ont été sélectionnés et des caméras ont été installées à leur sommet. Celles-ci pivotent sur 360 degrés et prennent des photos : si l’une d’elles ne correspond pas à l’image de référence, une alerte est émise et des opérateurs analysent la situation.  Ça a servi cet été quand un feu a pris en Indre-et-Loire, en bordure de notre département. On l’a détecté et on a alerté le SDIS 37Â
, détaille Xavier Métras. L’intérêt de cette technologie :  Gagner du temps. Pour taper vite et fort.Â
Drones autonomes
Ce projet est actuellement testé dans le Rhône. Les drones autonomes à supervision délocalisée fonctionnent sans télépilote. Ils sont déclenchés depuis un CTA (Centre de traitement de l’alerte) des pompiers.  On dit au drone d’aller à tel endroit et de récupérer des images,
résume le commandant Metras. Il peut par exemple repérer une personne tombée à l’eau. L’information est ensuite transmise aux équipes nautiques.Â
Là encore, il s’agit de gagner du temps dans l’intervention, et collecter des données pour mieux analyser la zone d’intervention et de faciliter la prise de décisions.
Géolocalisation
Deux systèmes de géolocalisation coexistent au sein du CTA-CODIS49. L’AML, pour Advance mobile location, se déclenche quand un requérant compose le 18 ou le 112. Son téléphone émet automatiquement un SMS vers les services du ministère de l’Intérieur. Ce message contient ses coordonnées GPS, qui sont transmises à l’opérateur du SDIS.  Ça nous permet d’avoir rapidement une adresse. Ou de localiser une personne qui serait perdue, blessée, paniquée et pas en mesure de dire où elle se trouve.Â
Le système GEOLOC 18-112 est lui développé par les pompiers du Morbihan. Ici, avec l’accord du requérant, l’opérateur peut prendre le contrôle du téléphone de la personne.  Il peut alors accéder à la caméra par exemple et voir ce qu’il se passe. Dans le cas d’un incendie par exemple, ça permet d’avoir une idée de l’ampleur du sinistre et d’adapter les moyens à mobiliser.Â
IAppel
Ce système, testé dans l’Ain, vise à intégrer l’intelligence artificielle dans la prise d’appels.  Dès que la personne arrive sur la plateforme de réception, l’IA se met à travailler, elle écoute ce qu’il se passe, elle sélectionne des mots-clés »,
explique le commandant Metras. Si l’IA entend par exemple  Il ne respire plusÂ
, l’urgence vitale sera détectée. Ce système vise à améliorer la rapidité d’une part, et la qualité d’autre part, du traitement des appels d’urgence par des opérateurs.
Intelligence artificielle
Des travaux sont en cours afin qu’en complément des caméras évoquées plus haut, un système d’intelligence artificielle couplé à des satellites puisse permettre d’anticiper l’évolution du feu, en prenant en compte les données météorologiques, le type de végétation, la topographie du terrain. Cette technologie permettra plus de justesse dans les prédictions, un gain de temps encore, et une adaptation des moyens aériens nationaux à engager.