|
C’est quoi « Genesis », la nouvelle intelligence artificielle proposée par Google aux médias ?... |
1
Après avoir annoncé l'expérimentation de son propre outil d'intelligence artificielle « Bard », le géant américain Google a annoncé avoir présenté un outil à destination des journalistes. © LIONEL BONAVENTURE / AFP
Le géant américain Google expérimente actuellement un nouvel outil basé sur l’intelligence artificielle auprès de certains grands médias américains. Baptisé « Genesis » il est censé aider les journalistes à écrire leurs articles…
« Ces outils ne sont pas conçus pour – et ne peuvent pas – remplacer le rôle essentiel que jouent les journalistes en matière de récolte et de vérification de l’information, et de rédaction des articles », indique Jenn Crider, une porte-parole de Google.
Pas sûr que cela suffise à rassurer tout un secteur qui s’inquiète de l’arrivée de tels outils. Mais le géant américain tente un nouveau rapprochement avec les médias américains, avec la promesse, à terme, de leur faciliter certaines tâches. Dans un communiqué adressé au média spécialisé dans l’actualité technologique The Verge, la porte-parole de Google annonce que l’entreprise a commencé « à explorer des idées pour fournir des outils basés sur l’IA afin d’aider leurs journalistes dans leur travail ».
LIRE AUSSI : Cinq questions autour de l’arrivée de Bard en France, l’IA de Google, concurrente de ChatGPT
Un « assistant personnel » qui « perturbe »
Dans un article publié ce mercredi 20 juillet, le New York Times révèle que Google lui a proposé un outil, tout comme d’autres médias américains : le Washington Post ou encore le propriétaire du Wall Street Journal, News Corp.
L’outil se nomme « Genesis » et serait capable de produire des articles de presse, générant du contenu journalistique après avoir rassemblé des informations.
Le New York Times, s’appuyant les propos de trois personnes proches des expérimentations, rapporte que l’outil est présenté par Google comme un « assistant personnel », permettant d' « automatiser certaines tâches » et qui pourrait notamment proposer des titres ou différents styles d’écriture.
Google affirme que la technologie s’inspire des aides à l’écriture déjà disponibles pour ses outils Gmail ou Google Docs.
Certains cadres du New York Times qui ont vu la présentation de Google ont décrit l’outil comme « perturbant ». Deux personnes ont déclaré qu’il semble « tenir pour acquis les efforts déployés pour produire des articles de presse précis et intelligents ».
LIRE AUSSI : James Cameron alerte sur les dangers de l’Intelligence artificielle
Coup de force de l’IA dans les médias
L’annonce de Google intervient après de premières incursions auprès des médias des entreprises spécialisées dans le développement d’intelligences artificielles. L’AFP rappelle qu’OpenAI, start-up californienne à l’origine de ChatGPT, a passé des accords avec des entreprises de presse récemment.
Elle a ainsi obtenu la permission d’utiliser les archives de l’agence de presse américaine Associated Press (AP) depuis 1985, en échange de quoi AP aura accès « à la technologie d’OpenAI et à son expertise », ont détaillé les deux entreprises dans un communiqué la semaine dernière.
OpenAI va aussi donner 5 millions de dollars à l’American Journalism Project, une organisation qui soutient de nombreux médias locaux, et jusqu’à 5 millions de dollars de crédits pour utiliser son interface de programmation (API) et ainsi aider les journalistes à intégrer des outils d’IA dans leur production.
LIRE AUSSI : Une résolution sur l’IA et les droits humains adoptée à l’Onu
Une utilisation de l’IA redoutée par le secteur
Le phénomène des intelligences artificielles suscite l’inquiétude du secteur du journalisme, mais plus largement de celui de la création de contenu, de crainte de se voir remplacé.
Cité par le New York Times, Jeff Jarvis, professeur de journalisme à l’université de New York, affirme que « si la technologie peut permettre de livrer des informations factuelles et de manière fiable, les journalistes doivent utiliser l’outil ». Mais au contraire, il ajoute qu’en cas de mauvaise utilisation, « sur des sujets qui requièrent de la nuance et une compréhension culturelle […] cela pourrait nuire à la crédibilité non seulement de l’outil, mais aussi des organismes d’information qui l’utilisent. »
Plusieurs plaintes ont également été déposées en justice par des créateurs de contenu contre des entreprises comme OpenAI, accusées d’avoir utilisé leurs contenus sans consentement ni rémunération pour alimenter leurs programmes informatiques.
Certaines entreprises de presse américaines ont d’ores et déjà pris position contre l’utilisation de leurs données par l’IA sans leur autorisation. C’est le cas d’NBC News et de The Times.
LIRE AUSSI : Intelligence artificielle. Meta lance son propre modèle, en accès libre