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C’est aujourd’hui le fruit le plus consommé en France : la banane des Antilles joue la carte tricolore... |
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Les bananes des Antilles représentent 20 % de la consommation en métropole. © Mathieu PATTIER
Les producteurs de Guadeloupe et Martinique ont connu une bonne récolte en 2025. Mais ils sont toujours sous la menace de la cercosporiose noire, un champignon des bananiers contre lequel les produits de traitements ont été réduits.
C’est désormais le fruit le plus consommé en France. Devant la pomme. « Chaque Français consomme, en moyenne, treize kilos de bananes par an », a rappelé, ce mardi au salon de l’Agriculture, Pierre Monteux, le directeur général de l’Union générale des producteurs de bananes de Guadeloupe et de Martinique (UGPBAN), association qui réunit « 450 exploitations familiales ».
Les producteurs antillais ont le sourire. En 2025, ils ont profité d’une conjoncture très favorable dans l’Hexagone, son principal marché. « La consommation a progressé de 5 % à 860 000 tonnes ». Les Français mangent de plus en plus de banane et environ une sur cinq vient de Martinique et de Guadeloupe. « Les conditions climatiques ont été bonnes, notre production a progressé de 3,5 % à 200 000 tonnes », a indiqué Nicolas Marraud des Grottes, président de l’UGPBAN.
Concurrencées par les pays à bas coûts (Costa Rica, Equateur), les Antilles françaises mettent en avant leurs pratiques agroécologiques. Depuis 2008, les phytos ont reculé de 83 % dans les bananeraies de Martinique et Guadeloupe. « Au Costa Rica, ils épandent, par avion, des phytos interdits chez nous. Ils réalisent jusqu’à 60 passages », s’indigne Pierre Monteux.
Bientôt la banane résistante à la cercosporiose
Cette production « premier prix », la banane « dollar », a conquis les étals français (40 % du marché). « C’est le résultat de vingt ans de politique de dérégulation (abaissement des droits de douane, fin des quotas). En 2000, nous produisions 300 000 tonnes et nous détenions 40 % de parts de marché dans l’Hexagone », a rappelé Jean-Claude Marraud des Grottes, le président de l’Union des producteurs de banane de Martinique.
Sur les 200 000 tonnes produites, les Antilles françaises ne consacrent plus que 30 à 40 000 tonnes au « vrac ». La stratégie ? La segmentation et l’origine France. La banane, enrubannée du drapeau tricolore, atteint 44 000 tonnes et même 50 000 tonnes d’ici 2027. Soit à 5 à 6 % du marché hexagonal. « Elle est valorisée 33 % de mieux que la banane en vrac ». Outre son marché local (6 000 tonnes), l’UGPBAN place aussi, grâce à la loi Alimentation, entre 20 et 25 000 tonnes de bananes certifiées dans la restauration hors domicile (RHD) de métropole.
Un bémol : les moyens de production. « On est passé de neuf à trois traitements phytos possibles contre la cercosporiose noire (maladie fongique du bananier) », a rappelé Pierre Monteux. Mais la rémanence des produits de biocontrôle n’est que huit à neuf jours. Revenir régulièrement dans les bananeraies, par voie terrestre, est très compliqué. » *
Les drones ? Si la loi a autorisé leur usage, les décrets d’application sont attendus depuis près d’un an… « On attend aussi avec impatience la sortie des NGT (les « nouveaux OGM » en voie d’autorisation en Europe). » La banane résistante à la cercosporiose, déjà en test, pourrait arriver sur les étals dès 2030.