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« Le bouchon de la Loire a sauté » : comment pourrait se passer la décrue après les inondations en Maine-et-Loire ?... |
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À Bouchemaine, le bouchon de la Loire a sauté. La décrue pourrait alors s’accélérer sur la Maine et en amont d’Angers. © Jérôme Fouquet/Ouest-France
Le passage de l’ensemble de la Loire en vigilance orange et non plus rouge coïncide avec la baisse du niveau des eaux du fleuve. Par répercussion, celui-ci va laisser la Maine s’écouler plus librement à la Pointe de Bouchemaine, où les deux se rejoignent. La rivière pourra alors accélérer sa décrue.
Le niveau de la Loire ne cesse de descendre, depuis les pics atteints dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 février 2026. Et ce mardi, quelques heures après le passage de la Loire saumuroise de la vigilance rouge à la vigilance orange, c’est au tour de la Loire aval d’en faire de même. Seules les Basses vallées angevines restent en rouge pour le moment. Et il y a plusieurs explications à cela.
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Les Basses vallées, éponge et réservoir
La première, c’est que le gigantesque réservoir formé par ces 100 km2 est plein à ras bord. Zone d’expansion naturelle des crues, alimentés par les affluents de la Loire, les Basses vallées angevines peuvent stocker jusqu’à un million de m3 par cm de hauteur d’eau. Une partie restera dans les sols – notamment dans le bassin-versant de la Sarthe – pour être restituée aux milieux plus tard. Mais l’immense majorité de cette eau se retrouve dans la Maine.
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Le goulot d’Angers
En arrivant à Angers, celle-ci change de terrain. Fini les sédiments, place à une roche qui résiste bien plus à l’érosion et qui ne retient pas l’eau comme une éponge. La rivière doit alors se faufiler dans une vallée qui se resserre. D’autant plus que l’urbanisation de la ville a elle aussi réduit le lit de la Maine en grignotant sur ses berges et en éliminant des zones humides, comme le marécage comblé pour bâtir Saint-Serge.
Comme sur une autoroute saturée
Et puis il y a la confluence avec la Loire. Son rôle est prépondérant pour expliquer les inondations à Angers et dans les Basses vallées angevines. Lors des fortes crues du fleuve, les écoulements de la Maine sont bloqués, provoquant un stockage des eaux en amont d’Angers. Comme lorsque vous essayez de vous insérer sur une autoroute déjà saturée. Vous vous arrêtez et les voitures derrière vous aussi. Mais avec la baisse du niveau du fleuve, le bouchon de la Loire a sauté
, pour reprendre l’expression employée lundi soir par Christophe Béchu, maire d’Angers. Et la décrue pourrait alors s’accélérer un peu partout maintenant.