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Aux Ponts-de-Cé, les collégiens participent au processus de création... |
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Arnaud Coutancier, compositeur ; Marie Gaultier, metteuse en scène ; et Nathalie Gallard, créatrice de lumière, accueillent les collégiens dans le hall du Théâtre des dames aux Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire) avant une présentation de leur dernière création. © Ouest-France
La Cie Piment langue d’oiseau, en résidence au Théâtre des dames aux Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire), a présenté son travail de création aux collégiens. La chance de découvrir le processus de création et pour les artistes la nécessité de vérifier la compréhension de leur propos.
« Ce que vous allez voir, c’est une répétition. Ce n’est pas un spectacle », avertit la comédienne Marie Gaultier qui, avec ses collègues, au quatrième jour de cette rentrée, accueille 34 jeunes du collège Saint-Laud ayant choisi option théâtre.
« On avait envie d’avoir l’avis de gens de votre âge. Pour nous, c’est très important pour avancer dans notre travail. » La Cie Piment langue d’oiseau est en résidence au Théâtre des dames aux Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire). Elle finalise la production d’une pièce dédiée à un public d’adolescents et d’adultes. « Nous sommes venus au moins cinq semaines sur ce projet où tout est conçu collectivement. »
« La chance d’avoir des pièces écrites pour les ados »
La compagnie reconnaît « une politique de la ville en faveur de la culture remarquable ». Cette pièce, appelée Silence, devient la dernière création d’une trilogie, après Mouton noir qui parle du harcèlement et Michèle doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie. Le collège a proposé la première l’an passé et la seconde sera présentée aux troisièmes cette année. « Avec le collège Saint-Laud, on crée des ponts entre acteurs locaux », se félicite Marie Gaultier également investie auprès du groupe théâtre du lycée Jean-Bodin. Christine Poupard, responsable de la vie scolaire au collège souligne « la chance d’avoir des pièces écrites pour les ados ».
« On travaille sur cette pièce depuis des années, partage Marie Gaultier. On avait envie de parler du plaisir de lire. » C’est bien le sujet qui lie les trois membres de la compagnie. Marie Gaultier, seule sur scène, acte le propos avec des supports musicaux et des effets de lumière qui transportent le spectateur dans un univers libre d’interprétation.
« L’objectif de la pièce est d’attiser la curiosité sur des styles d’écriture différents , expose Julie Ortiz, chargée de production. Pouvoir intégrer le public dans le parcours de création est une vraie force. On peut se nourrir de leur ressenti, de leurs observations, de leurs questionnements. »
La première représentation sera donnée en Vendée, le 15 février. Comme le souligne Arnaud Coutancier, les réactions des collégiens démontrent qu’« on est tous différents et qu’on appréhende les choses différemment ».
L’écoute et l’attention des collégiens révèlent que le spectacle fonctionne déjà. Au-delà des extraits de livres, ils ont découvert, en coulisses, le long travail de maturation pour produire une pièce. La mise en scène est rythmée par des créations plastiques dépouillées et poétiques. On est dans un univers clos où chacun peut se raconter des histoires, comme dans un livre.