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Angers. Pour le président des Vitrines d’Angers, les commerçants sont dans « le flou total »... |
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Dominique Gazeau, président des Vitrines d’Angers © Josselin Clair
Selon Dominique Gazeau, le président de l’association des Vitrines d’Angers, la situation des commerçants du centre-ville s’annonce préoccupante.
Dominique Gazeau est le président des Vitrines d’Angers. L’association réunit à ce jour plus de 200 adhérents, commerçants, restaurateurs et artisans de la cité du Roi René.
Les soldes ont débuté avec trois semaines de retard, le 15 juillet. Comment avez-vous pris la nouvelle et quelle incidence cela a-t-il sur les ventes ?
« Ces soldes-là , nous n’en voulions pas. Décaler la date d’ouverture des soldes pour laisser aux commerçants l’opportunité de reconstituer leur trésorerie avant les périodes de rabais était une bonne idée, mais c’est encore trop tôt. D’autant plus que les touristes ne sont pas au rendez-vous. Dans les très grandes villes peut-être, mais ici, avec aussi peu de clients, nous ne rattraperons jamais notre manque à gagner accumulé ces derniers mois. »
Que pensez-vous de la décision de la municipalité d’autoriser l’ouverture des magasins à Angers les trois premiers dimanches de juillet ?
« C’est une véritable ouverture de la part de la mairie, et ça, c’est une très bonne chose. Mais malheureusement, cette décision a été prise bien trop tard. Ouvrir un magasin le dimanche ne se fait pas si facilement et implique de nombreuses obligations syndicales, surtout pour les grosses succursales. La Fnac, par exemple, n’a pas été en mesure d’ouvrir les deux derniers dimanches. Or, si de grands magasins tels que la Fnac ou H & M, qui drainent beaucoup de clients, n’ouvrent pas dans votre rue, vous aurez bien moins de passage, donc moins de clients. »
Quel est l’état d’esprit des commerçants du centre-ville en ce moment ?
« Rien d’autre qu’un flou total. On navigue à vue. Entre les grèves, les gilets jaunes, les travaux en centre-ville et enfin, l’épidémie, ça commence à faire beaucoup… Difficile de s’y retrouver. Les assurances n’indemnisent que très peu, et la municipalité, qui aimerait faire plus, ne nous aide pas financièrement. On fait de notre mieux, mais encore une fois, nous ne rattraperons jamais le manque à gagner induit par les fermetures administratives et pour beaucoup, ce sera très dur de garder la tête hors de l’eau. »