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Angers. Portail et polychromie médiévales à la cathédrale... |
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La conservatrice Clémentine Mathurin, devant une partie du portail de la cathédrale d’Angers, rare ensemble riche de sculptures dont une galerie a conservé pendant 600 ans les couleurs. © Ouest-France
À partir de cet été, des visites de chantier de la cathédrale d’Angers seront organisées pour le public,le temps de la restauration, qui durera un an.
Cet été, les visiteurs sont invités à découvrir les sculptures peintes de la cathédrale d’Angers (Maine-et-Loire). C’est un des rares exemples, en France, de polychromie médiévale en extérieur.
Le long de la façade, un escalier permettra aux visiteurs de grimper en haut du portail et d’admirer de près les détails des sculptures et des couleurs, peintes il y a 600 ans.
En 2009, un nettoyage du portail de la cathédrale révélait cet ensemble exceptionnel de peintures des XIIe et XVII
Des travaux complexes
Pour l’étudier et le restaurer, un comité scientifique rassemble historiens de la sculpture et de l’architecture médiévales, mais aussi des conservateurs et scientifiques des monuments historiques, des restaurateurs.
Les travaux, complexes, sont effectués sous la maîtrise d’ouvrage de la Drac (direction régionale des affaires culturelles) des Pays de la Loire, après des essais des analyses et état des lieux sanitaire complet du portail, sculpture après sculpture
À l’abri des intempéries pendant 600 ans
La présence, jusqu’au XIXe siècle, d’une galerie de 7 m de profondeur qui longeait toute la façade, a protégé le portail des intempéries. D’où l’état rare de conservation de la peinture malgré les six siècles : bleus du lapis-lazuli, noirs du charbon de bois broyé avec du plomb, rouges vermillon qui ornent les vêtements, dorures des ailes et cheveux des anges, des auréoles et des couronnes des vieillards…
Le chantier devrait durer un an. Son coût de 500 000 € porte à deux millions d’euros l’investissement total de l’État depuis 2014, dans des travaux de restauration de la cathédrale.
« Le nettoyage sera terminé grâce à un laser infrarouge
« Il a fallu retrouver les techniques anciennes »
Autre opération délicate : il faudra retirer de certaines sculptures des tiges de métal installées au XIXe siècle, à l’occasion de la restauration du portail.
Les goujons métalliques font maintenant exploser la pierre. « Pour reconstituer les parties explosées des sculptures, il a fallu retrouver les techniques anciennes avec des restaurateurs spécialisés du sud de la France. L’entreprise Bonnel, en charge des installations du chantier, changera les pierres endommagées en périphérie du portail » , poursuit la conservatrice.
Le nombre de couronnes conservées malgré la Révolution fait aussi la rareté du portail.