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Angers. Le peintre Julien Parsy expose au Repaire urbain... |
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Angers, lundi 12 juillet. Julien Parsy expose au RU une trentaine d’œuvres. © Jérôme HURSTEL
La salle d’exposition du 2e étage du Repaire urbain accueille une trentaine d’œuvres du peintre angevin Julien Parsy. Des œuvres profondes qui s’inspirent de la nature et révèlent une profondeur d’âme.
Peintre figuratif, Julien Parsy expose des tableaux où la nature est omniprésente. L’artiste n’est pourtant pas un peintre paysagiste. Si la nature surgit dans ses œuvres, elle est plus le fruit de son imagination, d’une lente et quasi inconsciente imprégnation que de l’observation directe. J’ai besoin d’un temps de maturation
, explique cet ancien étudiant de l’école des Beaux-arts d’Angers. J’ai l’impression d’être un petit oiseau à peine sorti du nid.
J’ai une attirance pour l’invisible, l’indicible, le rêve
Cela fait pourtant plus de 20 ans qu’il peint, en solitaire
concède-t-il. Les œuvres présentées au Repaire urbain évoquent la peinture du XXe siècle. Certaines font penser à Van Gogh, d’autres plutôt à l’école de Pont-Aven. Mon inspiration est très large. Je suis très influencé par l’histoire de l’art mais aussi la mythologie, la littérature.
Il convoque les peintres romantiques mais se nourrit aussi de lectures philosophiques et spirituelles : J’ai une attirance pour l’invisible, l’indicible, le rêve
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L’exposition montre des travaux très récents comme un détonnant ciel étoilé ou un triptyque de grandes toiles au fusain et des choses plus anciennes. Nous les avons choisis ensemble
, explique Élodie Derval de l’artothèque. Sept tableaux de Julien Parsy sont d’ailleurs disponibles au prêt. L’exposition montre aussi quelques carnets de dessins, des croquis : Je dessine tout le temps, depuis longtemps
.
Une grande liberté pour le visiteur
Le peintre angevin se voit comme un instinctif, privilégiant le geste avant la réflexion : Je suis toujours dans le plaisir. Mon travail a tendance à se terminer en paysage mais ce n’est pas prémédité, pas cérébral. Il y a de multiples tiroirs qui me permettent de garder une part de mystère dans ma création. C’est une peinture du sensible, des fragilités. Je ne cherche pas à être le premier responsable de ce que je produis. Je suis traversé par quelque chose qui me dépasse.
Le visiteur y trouvera aussi une très grande ouverture. L’œil se promène sur les toiles et peut divaguer, se mettre à rêver et découvrir sa propre lecture des œuvres. Les toiles n’ont pas de nom (sauf une) ce qui renforce la liberté de chacun d’en faire sa propre histoire. Julien Parsy essaie de faire revivre en soi des choses lointaines comme l’enfance
.
Je suis nul comme artiste revendicateur ! J’ai une conscience politique mais la peinture est un moyen de fuir la société, de m’isoler.
Dans son atelier, il a toujours des dizaines de toiles en cours : Je peux commencer une peinture, la laisser de côté et la reprendre deux ans plus tard. Pour moi, elles sont toujours inachevées.
Exposition monographique de Julien Parsy du mardi au samedi de 12 h 30 à 18 h jusqu’au 19 septembre. Gratuit.