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Angers. Des Accroche-cœurs les pieds dans la Maine... |
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Voilà ce à quoi il faut s’attendre, sur l’esplanade Cœur de Maine, le week-end du 6 au 8 septembre ! « Bains publics », par la compagnie Trois points de suspension et le groupe Dakota. © Chereau
Cette année, le périmètre des Accroche-cœurs est particulièrement resserré sur les bords de Maine. Petite prise de recul à la veille d’une édition 2019 bien ancrée dans l’espace.
Pour l’édition 2019, les Accroche-cœurs prévoient une centaine d’événements gratuits, le week-end du 6 au 8 septembre, à Angers. Théâtre, musique, danse, cirque, fanfares et autres arts de la rue. Les disciplines sont nombreuses, mais les lieux investis le sont de moins en moins. C’est ce que l’on remarque quand on dézoome sur la carte du programme, réalisée par nos soins.
Faire son miel des travaux
Alors pour quelles raisons le festival est-il, cette année, ramassé et presque les pieds dans l’eau ? « Depuis mon arrivée, en 2016, j’ai la volonté de faire un véritable périmètre, pour que l’on ait l’impression d’être dans un festival », éclaire Jacques Humbert, en charge de la programmation.
Dans un contexte urbain chamboulé par le défilé des pelleteuses, les rangs d’oignons de plots de chantiers et les trottoirs éventrés, pas facile de jongler. Mais Jacques Humbert est confiant. « On a su profiter de la contrainte pour investir des lieux comme la promenade du bout du monde, certaines cours d’écoles. Cela permet aux Angevins de découvrir des sites qu’ils n’ont pas l’habitude de voir sous cet angle festif. »
Profiter « en maillot et installé le cul dans l’eau »
Et cela permet aussi, et peut-être surtout, de faire vivre les aménagements neufs, côté Mail de la poissonnerie et pont des Arts-et-Métiers. Et ainsi de faire résonner l’espace public avec les propositions artistiques. La tête d’affiche ?Bains Publics, qui prendra place sur l’esplanade Cœur-de-Maine, est un exemple parlant.
Un spectacle à mi-chemin entre le karaoké décalé et l’expérience participative, conçu par la compagnie Trois points de suspension et le groupe Dakota, dont il faut profiter « en maillot, et installé le cul dans l’eau, lance Jacques Humbert. Le but est de créer des essences typiquement angevines à partir de ce qui sera récolté autour de ces thermes et bains chauds. »
Un village festival
Puisque les Accroche-cœurs sont dédiés aux arts de la rue, on pouvait s’attendre à ce que les artistes fourmillent et se dispersent, un peu partout dans la ville. Mais les programmateurs ont retenu l’idée de faire un village festival. Quitte à ce qu’il change d’épicentre, d’une édition à l’autre, au gré des contraintes.
« C’est un jeu de Rubik’s Cube pour faire correspondre les spots et les spectacles, poursuit Jacques Humbert. Éviter que les propositions ne s’entrechoquent, ou qu’un spectacle nuise à un autre, détermine aussi la programmation. »
La parole au public
Quant à l’investissement des petites rues, le dispositif Adopte un(e) artiste n’est pas seulement jeu de mots avec un site de rencontre. Il est l’occasion de créer du lien entre artistes et commerçants. Les œuvres s’installent dans les échoppes qui se transforment en galerie, salle de concert ou théâtre, le temps d’un week-end.
Sans oublier que cette année, pour la première fois, les spectateurs peuvent voter pour leur spectacle préféré, qui s’intégrera à la programmation officielle de l’édition 2020. « Une façon de faire vivre le festival en lui-même, puisqu’il s’agit d’une manifestation dédiée aux arts vivants », rebondit Jacques Humbert, également membre du jury qui sélectionne les propositions d’Adopte un(e) artiste.