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Alimentation des Français : plus d’une centaine d’organisations interpellent le Premier ministre... |
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Les organisations demandent notamment l’interdiction de la publicité pour les aliments trop gras, trop salés et trop sucrés. © tool51 - stock.adobe.com
Dans une lettre ouverte adressée à Sébastien Lecornu, le nouveau Premier ministre, des organisations demandent la publication d’une stratégie nationale de l’alimentation ambitieuse. Une stratégie qui accuse déjà plus de deux ans de retard.
La Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), censée définir l’action du gouvernement français pour une alimentation saine et durable à l’horizon 2030, n’est toujours pas parue. Prévue par la loi « Climat et résilience » de 2021, à la suite des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, cette stratégie devait pourtant initialement être élaborée avant le mois de juillet 2023.
Dans une lettre ouverte adressée ce mardi 23 septembre, plus d’une centaine d’organisations (1) interpellent le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu. Alors que Matignon, avant le départ de son prédécesseur François Bayrou, a émis des réserves sur la version de la stratégie qui était sur le point d’être présentée.
Lire aussi : Stratégie pour l’alimentation : pourquoi ça coince encore, après deux ans de retard
Consommation de viande, publicité sur certains produits…
Dans cette lettre, les 117 organisations pressent le Premier ministre d’avancer, car « chaque mois de retard accroît les coûts écologiques, sanitaires et sociaux de l’inaction ». Dénonçant le retard pris par les gouvernements successifs, « face aux pressions de certains lobbies du secteur agroalimentaire ».
Elles demandent à Sébastien Lecornu la publication d’une stratégie ambitieuse. En inscrivant notamment une « trajectoire claire de réduction de la consommation de viande » ; une restriction forte de la publicité et du marketing pour « les produits nocifs pour la santé », même une interdiction pour les produits trop gras, trop sucrés et trop salés, « notamment lorsqu’ils ciblent les enfants » ; ou encore en rendant obligatoire l’affichage du Nutri-score sur tous les emballages et les supports publicitaires.
Réduire les dépenses publiques de santé
Pour les organisations, « une stratégie ambitieuse, assortie de moyens, doit permettre d’une part de réduire les tensions sociales, en faisant reculer la précarité alimentaire, réduisant les inégalités d’accès à une alimentation saine et garantissant davantage de débouchés et une meilleure rémunération aux agriculteurs français. Elle doit contribuer, d’autre part, à prévenir les maladies liées à l’alimentation et ainsi réduire les dépenses publiques de santé ».
(1) Parmi ces organisations : la Ligue contre le cancer, Réseau Action Climat, France Nature Environnement, Greenpeace France, WWF France, Foodwatch, Réseau CIVAM, Collectif En Vérité, Coopérative Biocoop, Action contre la faim, Secours Catholique, Emmaüs France, association française des diététiciens nutritionnistes (AFDN), CFDT Agri-Agro…