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Absentéisme au travail : une baisse constatée en 2023, après une année 2022 record... |
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En 2022, les contaminations au Covid avaient entraîné un record d’absentéisme au travail. Certains observateurs soupçonnent également un effet rattrapage avec les années marquées par la pandémie. © Getty Images
En 2022, les arrêts de travail notamment pour cause de Covid avaient fait exploser le taux d’absentéisme en entreprise. 2023 enregistre donc une baisse conjoncturelle, mais qui s’inscrit dans une trajectoire à la hausse depuis des années.
Combien de salariés sont absents au travail ? Combien d’arrêts maladie sont-ils pris chaque année en France ? Et pour quelles raisons les salariés s’absentent-ils de leur poste ?
Ces indicateurs sont scrutés de près dans un contexte d’évolution de notre rapport au travail. Chaque année, les principales mutuelles publient leurs chiffres pour tenter de saisir à travers l’absentéisme des salariés leur état de santé, leur état d’esprit et leur implication. Le groupe Apicil (51 000 entreprises clientes pour 1,8 million d’assurés) publie les siennes ce jeudi 4 juillet 2024 et Ouest-France a pu les consulter en avant-première. Elles arrivent quelque temps après Malakoff Humanis (414 000 entreprises pour 9 millions de personnes assurées) et WTW, spécialisé dans le suivi des collectivités territoriales (11 000 collectivités employant 263 136 agents). Et un constat général émerge de toutes ces enquêtes.
Avec le variant Omicron, une reprise d’une vie au travail plus normale après des années marquées par les confinements, un affaiblissement des gestes barrières, etc., les arrêts de travail pour cause de Covid avaient explosé et entraîné une forte hausse du taux d’absentéisme en 2022. En 2023, les arrêts pour Covid ont faibli, ce sont les maladies ordinaires, la fatigue et les mauvaises conditions de travail qui redeviennent le premier facteur explicatif des arrêts. Ainsi, selon Apicil, le taux d’absentéisme qui s’était élevé à 5,76 % l’année précédente, retombe à 5,17 % pour 2023.
L’enquête menée par Apicil précise : En 2022, la part des salariés ayant eu au moins un arrêt de travail était de 35,13 % ; ce taux passe à 27,46 % en 2023 et retrouve ainsi son niveau de 2021 (27,78 %)
. Sur le long terme, les salariés sont de plus en plus absents de leurs postes de travail. Parmi les facteurs explicatifs, les causes psychologiques qui ont pris de l’importance dans les prescriptions des arrêts de travail. Fatigue, burn-out et dépression occupent désormais la troisième marche du podium des motifs des arrêts maladie et s’ancrent dans le temps. Les temps partiels thérapeutiques progressent également, note Apicil. Si les maladies professionnelles sont minoritaires dans l’ensemble des raisons de s’arrêter, elles ont néanmoins un impact sur les entreprises puisqu’elles représentent les arrêts les plus longs : 86,2 jours en moyenne. Les accidents du travail, les temps partiels thérapeutiques et les accidents de trajets sont à égalité autour de 40 jours.
Quant aux profils les plus concernés par l’absence au travail, c’est la tranche des 30-39 ans qui remporte la première place en termes d’âge : 30 % d’entre eux ont été arrêtés au moins une fois au cours de l’année. Selon Apicil, cette prévalence rejoint celle des maladies psychiques : Lors du suivi médical par l’assureur des arrêts longs, nous constatons une représentation de plus en plus significative des jeunes actifs en arrêt pour dépression ou burn-out.
L’absence de reconnaissance de l’employeur ou de sens dans le travail pèse lourd sur le moral des jeunes.
Sans surprise, les femmes sont aussi plus concernées que les hommes. Cette donnée était déjà présente dans les enquêtes des années précédentes et malgré le constat, les mesures de prévention n’ont pas permis aux chiffres d’évoluer. Le secteur de la santé paie aussi un lourd tribut : il est en tête des secteurs qui souffre le plus d’absentéisme au travail, notamment à cause des conditions de travail dégradées dans ce secteur en tension.