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À Segré, Anjou Bleu communauté adopte sa charte sur les énergies renouvelables... |
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L’une des trois éoliennes du Rendez-vous des chasseurs, à Segré-en-Anjou Bleu. © Archives Ouest-France
Réunis mardi 10 mai à Segré (Maine-et-Loire) les élus d’Anjou Bleu communauté ont approuvé ce document pour un développement partagé des énergies renouvelables, en concertation avec les porteurs de projets. Une charte susceptible d’évoluer.
Mardi 10 mai, à Segré (Maine-et-Loire) les élus d’Anjou Bleu communauté (ABC) ont adopté une « charte pour un engagement en faveur d’un développement partagé des énergies renouvelables. » En quoi consiste-t-elle ?
Comment est née cette charte ?
Cette charte s’inscrit dans le cadre du Plan climat air énergie territorial (PCAET) approuvé par le PETR (pôle d’équilibre territorial et rural) du Segréen le 21 avril 2021. Son élaboration a été déléguée à deux communautés de communes : Anjou Bleu communauté et Vallées du Haut-Anjou (CCVHA).
À l’horizon 2030, l’ambition du PCAET est que 28 % des besoins en énergie du territoire soient couverts par des énergies renouvelables, contre environ 20 % en 2021. Pour atteindre cet objectif, deux moyens ont été mis en avant : une réduction de la consommation énergétique et un accroissement de la production d’énergie d’origine renouvelable.
À titre d’exemples, les objectifs 2030 de production annuelle à l’échelle du Pays segréen sont de 89,5 gigawatt-heure (Gwh) pour l’éolien (0 en 2017) 76,8 Gwh pour le solaire photovoltaïque (16,8 en 2017) et 98,2 Gwh pour la méthanisation (32 en 2017).
Quel est son rôle ?
Élaborée par ABC en association avec les 11 communes qui la composent, cette charte « devra servir de grille d’analyse aux projets de méthanisation, de parcs éoliens ou encore de centrales photovoltaïques, amenés à se développer dans le territoire », résume Christophe Guineheux, vice-président d’ABC chargé de la transition énergétique.
En outre, « le secteur de l’énergie étant en perpétuel renouvellement » , la charte sera évolutive. Plus tard, elle pourrait ainsi intégrer le développement des filières biomasse (bois énergie) solaire thermique ou géothermie.
Quelle est l’orientation générale de cette charte ?
Sont concernés uniquement les projets d’énergies renouvelables de dimension stratégique. N’y figurent donc pas les panneaux solaires sur toitures d’habitation, de bâtiments agricoles ou industriels, les éoliennes privées…
La charte vise à identifier les engagements de la collectivité et ses attentes vis-à-vis des porteurs de projet. ABC assurera la mise en contact avec les différents acteurs impliqués, et notamment les services de l’État, les associations citoyennes, les partenaires institutionnels.
« Cette charte est une base, on va la faire vivre, ajoute Christophe Guineheux. Elle est peut-être exceptionnelle dans le département. Son établissement permet surtout d’avoir une concertation intercommunale et un rapport cohérent vis-à-vis des porteurs de projet. Je pense que ceux-ci vont faire très attention. »
Y a-t-il eu des réticences ?
Seule Anne Danjou, membre de la commission transition énergétique, s’est abstenue à l’heure du vote. « Je suis un peu déçue car en commission, on a beaucoup travaillé, et certains points ont disparu de la charte alors qu’ils avaient fait consensus. » L’élue de la minorité de Segré-en-Anjou Bleu insiste notamment sur le fait de « ne pas accepter de nouveau méthaniseur industriel dans le territoire. Il faudrait que ce soit noté dans la charte. Nous avons Méta-Bio, ça nous suffit. J’ai encore reçu des plaintes de riverains en mars. Et Méta-Bio, c’est déjà 3 000 hectares d’épandage. Or, le digestat industriel n’est pas anodin ».
Le président d’ABC, Gilles Grimaud, estime que rien n’indique qu’un nouveau méthaniseur industriel s’implante dans le territoire. Quant à Christophe Guineheux, il le rappelle : « Les méthaniseurs devront être majoritairement détenus par des agriculteurs ». Il souligne que « Meta-Bio a fait d’énormes efforts de communication avec les collectivités et citoyens voisins. Niveau réglementation, on a peut-être l’un des méthaniseurs industriels les plus calés ».