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À Pruillé, l’Auberge du bac laisse place à une maison d’habitation... |
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L’Auberge du bac à Pruillé (Maine-et-Loire) a vécu. Place maintenant à une maison particulière. © Ouest-France
Après un long débat sur la vente aux enchères de l’Auberge du bac, le conseil municipal de Longuenée-en-Anjou (Maine-et-Loire) en date du mercredi 3 mai 2023 a voté la vente du commerce pour la création d’une résidence principale.
La commune a mandaté l’office notarial d’Avrillé pour une vente interactive de l’Auberge du bac de Pruillé (Maine-et-Loire) lors du conseil municipal du 16 mars 2023. L’ensemble immobilier de 304 m² comprend un restaurant et une partie commerciale de 185 m², deux salles de restaurant, un bar, une salle de plonge, une cuisine, un WC et un accès pour les personnes à mobilité réduite. En demi-niveau, se trouve un rangement avec accès extérieur.
L’ensemble immobilier comprend également un grenier et un appartement de 119m² avec dégagement, trois chambres, un bureau, deux salles de bains et un WC. Le bien dispose également d’une cuisine et d’une pièce de vie.
Après cette vente, les deux meilleures offres ont été présentées au conseil municipal de ce mercredi 3 mai 2023 avec deux projets différents : aménagement de logements à louer pour l’un et résidence principale pour l’autre. Le dilemme : aucune de ces offres ne permet le maintien d‘un commerce dans la cité.
La vente de l’Auberge est validée pour un projet de résidence principale
Certains élus, dont, notamment, Daniel Raverdy, maire délégué de Pruillé, et Marilyne Nouvet-Dumaine, adjointe, ont manifesté le souhait de « prolonger la mise en vente pour recevoir des offres de futurs commerçants selon le motif que certaines personnes n’ont pas pu déposer une offre ».
Cependant, « après vérification auprès de l’office notarial, il s’avère que la procédure mise en place ne permettait pas aux acquéreurs potentiels de déposer une offre sans avoir effectué la visite du bien », répond le maire, Jean-Pierre Hébé.
Après avoir entendu les différents arguments et questions des élus, le maire propose donc au conseil municipal de voter, soit pour la prolongation de l’offre de vente, soit pour l’acceptation de l’offre déposée lors de la vente interactive.
Après en avoir délibéré, le conseil municipal vote avec 13 voix pour le prolongement de l’offre d’achat, 13 voix pour l’acceptation de l’offre pour l’acquisition d’une résidence principale et trois abstentions. La voix du maire étant prépondérante, la vente de l’Auberge à Quentin Le Lagadec et Manon Lenoir est validée pour un projet de résidence principale pour un prix de 145 133,59 €.
Pruillé perd son dernier commerce
« Une situation un peu désolante » confie Michel Houlard qui fut premier adjoint du maire Daniel Barbin dans les années 1990. « Nous nous sommes battus à cette époque pour acheter fonds et foncier à Daniel Colas en conservant la licence IV pour ne pas laisser la commune sans commerce. Nous avons réalisé d’importants travaux pour rouvrir le restaurant mais aussi une petite épicerie. La réouverture eut lieu en 1993. De nombreux restaurateurs se succédèrent avec, c’est vrai, des réussites mais aussi des échecs commerciaux », poursuit l’ancien élu. « Il reste la guinguette l’été mais ce n’est pas pareil qu’un restaurant ouvert toute l’année. »
À l’origine, Pruillé avait un café épicerie La boule d’or. M. Perronneau prend la suite du café épicerie de Mme Dadié. M. et Mme Louis Boumier tiendront le commerce d’août 1953 à septembre 1963. Danièle Pichard assura l’ouverture du commerce jusqu’en janvier 1970… À son départ, la Boule d’or restera fermée trois mois avant l’arrivée de Pierre Daubian qui crée un service de restauration.
La fermeture de l’école en 1972, où son épouse enseignait, l’oblige à vendre le commerce à Daniel Colas. Il attirera, avec ses grillades aux ceps de vigne, une fidèle clientèle jusqu’au 31 décembre 1990.
Cette idée de viabilité ne s’est pas vérifiée
En mars 1993, les premiers repreneurs Jean-Louis et Corinne Chamillard ont demandé, à la commune, de dénommer le restaurant L’auberge du bac. Ce qui fut accepté au conseil du 8 février 1993.
Les élus qui se sont succédé ont toujours pensé qu’il y avait de quoi rentabiliser un restaurant. Pour cela, il eut fallu l’investissement de vrais professionnels de la restauration comme ce fut le cas à la réouverture en 1993. Cette idée de viabilité ne s’est pas vérifiée dans les faits surtout depuis 10 ans.
« C’est un coup dur pour Pruillé », peste Jean-Luc Robin, ancien maire, devant cette décision qu’il juge inadmissible. « Valider la perte de ce dernier commerce ne va-t-il pas affaiblir en partie l’identité propre à Pruillé, poursuit-il. La commune a perdu récemment son distributeur de baguettes et maintenant son dernier commerce. Comment réagiront les touristes qui se plaignaient déjà l’an passé du manque de commerces de proximité. »