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À Pignerolle, une exposition avec six artistes qui aiment jouer avec la matière... |
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Les photographes Régis Noël, et Jérôme Gourdon entourent les peintres Dominique Bonneau et Stéphane Chauvet, devant l’univers plastique d’Anissa Allam Vaquez, au centre (absente de la photo, la peintre Valérie Blanchard Jaulin). © Ouest-France
Six expérimentateurs – deux photographes, trois peintres et un artiste en art visuel – proposent une exposition éclectique à voir jusqu’au dimanche 14 septembre.
Elle utilise du papier à calligraphie chinois ou japonais, du papier d’emballage ou du papier végétal qu’elle fait rouiller. Puis elle déchire, colle avec de la colle à tapisser, et vaporise le tout d’encres de couleur. Lorsque la peintre plasticienne Valérie Blanchard Jaulin décrit ses techniques de création, on a peine à imaginer qu’elles aboutissent à des œuvres aussi douces et poétiques.
« Une invitation à la contemplation »
La série exposée à l’Espace artistique de l’Anjou du parc de Pignerolle jusqu’au dimanche 14 septembre s’intitule Silences.  Le mot s’est imposé. Le silence, c’est la solitude, l’apaisementÂ
, dit-elle. Ses lacs, montagnes, glaciers, marais, ciels, baignent dans  une palette de couleurs volontairement limitéeÂ
, bleu, gris, brou de noix.  Comme une invitation à la contemplation.Â
Autre univers inspiré de la nature, celui d’Anissa Allam Vaquez. L’artiste présente un extrait de son projet Nabta (dérivé de l’arabe « nabat », plante), soutenu par la Direction régionale des affaires culturelles des Pays de la Loire. Ses collages réalisés sur du papier de ronce trempé dans la cire d’abeilles, d’une grande délicatesse, recomposent des formes florales. Au cÅ“ur de sa démarche,  le réel désir de célébrer le vivant et nos héritagesÂ
. Pour elle, ses origines méditerranéennes.
Des parcours différents
 Chaque pot est une nouvelle aventureÂ
, pour Stéphane Chauvet. L’artiste, qui peint depuis qu’il a 13 ans, achète des pots de peinture industrielle dans les brocantes ou les dépôts-ventes. Puis il se lance, en se laissant  guider par l’inconscient. Je travaille à plat, au couteau, à partir de tâches. Je tourne autour, puis je monte ma mayonnaise. J’ai besoin que ça sorte des tripesÂ
, confie-t-il. Les grands portraits exposés, déstructurés, saisissants, provoqueront des réactions. Tant mieux.  Le pire, c’est l’indifférence.Â
Ancien médecin universitaire, Jérôme Bonneau travaille  de façon intuitiveÂ
. Ses œuvres abstraites, réalisées à l’acrylique et au pastel gras, où dominent les tons de noir, gris, ocre, bleu, laissent entrevoir un univers intérieur un peu mélancolique, accompagné de poèmes composés par lui-même.
La photographie aussi à l’honneur
Le cinéaste et photographe Régis Noël  adore les strates, les écailles, les rouilles, les mousses sur les matières plastiques ou métalliquesÂ
. Ses photos rapprochées de quilles de bateaux sont prises  sans trucages, sur le réelÂ
, assure-t-il. On le croit même si, au prime abord, elles ressemblent à de véritables tableaux.
Quant à Jérôme Gourdon, « émo-photographe », lui se confronte au défi de photographier  l’indicible, l’émotion graphiqueÂ
suscités par une vitrine, une jetée, etc. Il offre aux visiteurs des photos très travaillées, quasi impressionnistes, qui invitent à se raconter des histoires.
Informations. Tous les jours, à l’Espace artistique de l’Anjou, de 10 à 19 h jusqu’au dimanche 14 septembre. Entrée libre.
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