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À Guérande, le Garden pleure Matéo Lesguer, « petit génie des platines », mort dans le drame de Crans-Montana... |
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Matéo Lesguer, alias Neoshy, dans la boîte de nuit Le Garden, à Guérande. © Le Garden
L’Angevin DJ de 23 ans, Matéo Lesguer, est décédé dans l’incendie du bar de Crans Montana, en Suisse, le 1er janvier. À la discothèque Le Garden, à Guérande, où il a débuté, Christian Jouny, le patron, est triste.
Matéo Lesguer allait entamer sa troisième saison hivernale de DJ en Suisse en tant que résident. Le jeune homme de 23 ans fait partie des quarante personnes qui ont perdu la vie dans l’incendie du bar le Constellation, à Crans-Montana, en Suisse, pendant la nuit du Nouvel an.
Formé à l’École des DJ de Poitiers, il avait enchaîné, dès 2022, les prestations dans plusieurs discothèques de la région. Dont Le Garden, à Guérande, où il a travaillé un peu plus d’une année. C’est Pauline, la fille de Christian Jouny, qui avait recruté « ce petit génie des platines ».
Christian Jouny se souvient d’un jeune garçon aussi bien dans ses baskets que derrière ses platines, qui, « en peu de temps, s’est adapté au lieu et a su créer une osmose. Peu de gens arrivent à faire ça durant une nuit complète », transmettant sa passion de la musique à l’ensemble de son audimat. Hyperactif, il ne se contentait pas d’enchaîner les morceaux. « Il bougeait tout le temps dans la cabine ». La piste, en réponse, « n’était jamais inerte ».
« Des jeunes comme ça, il y en a peu »
Une énergie insatiable qui a marqué son passage. « On manque de vocabulaire quand on veut mettre en avant sa principale qualité, outre ses choix musicaux, c’est sa discrétion, il était quelqu’un d’humble qui avait toujours la volonté de mieux faire », confie Christian Jouny.
Sa particularité, s’il fallait encore prouver son talent, était que Matéo Lesguer n’avait pas de style figé. « Il s’adaptait à tout. » Sans doute aidé par sa pratique du piano qui faisait de lui un musicien complet. Une polyvalence appréciée dans les établissements généralistes.
Bosseur, il « se mettait directement à ses platines. Des jeunes comme ça, il y en a peu », remarque Christian Jouny, qui voit pourtant défiler beaucoup de DJ. Il regrette ce garçon « parti trop tôt » et prometteur. « Il avait une marge de progression extrêmement élevée. Les marches dans ce milieu sont hautes à franchir, mais il avait tous les éléments pour y parvenir. » Il garde le meilleur souvenir de ce DJ. « Si nous avons cru en lui, ce n’est pas par hasard. »