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À Angers, une école va expérimenter la classe le mercredi matin3 |
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Luc Belot.
Entretien avec Luc Belot, adjoint chargé de l’éducation à Angers.
Pourquoi revenir sur la semaine de quatre jours ?
Elle est très néfaste. Elle ne correspond pas aux rythmes de l’enfant. La coupure du mercredi matin nuit aussi aux apprentissages. C’est ce qu’a expliqué, en janvier, l’Académie de médecine, dans un rapport de neuf pages. À Angers, nous avons entamé le débat, pendant six mois, de novembre 2008 à mai 2009. Avec les parents, les enseignants, les associations… Sans oublier les enfants. Ni même tous les Angevins. Car le temps scolaire rythme celui de la cité. Nous avons en même temps pris l’engagement de ne rien imposer. À la fin des six mois, nous avons organisé un vote. 42 % des membres des conseils d’école se sont prononcés contre la classe le mercredi matin ; 37 %, pour.
Mais une école a dit oui ?
L’école de l’Isoret travaillait déjà sur le sujet. En février, le conseil d’école a décidé de se lancer dans l’expérience à partir de la rentrée prochaine, sous réserve de l’acceptation de l’inspectrice d’académie. L’expérimentation va durer trois ans. La journée scolaire passera de six heures à cinq ou cinq heures et quart. Ensuite, il y aura des activités éducatives gratuites ; mais pas obligatoires.
L’expérience va être menée ailleurs en France ?
Dans sa circulaire de rentrée, Luc Chatel, le ministre de l’Education nationale, se dit favorable. L’Éducation nationale reconnaît officiellement pour la première fois que l’école le mercredi matin est efficiente et respecte les rythmes de l’enfant. L’expérience de l’école de l’Isoret n’est pas locale.
Comment sera-t-elle observée ?
Un comité scientifique de suivi va être mis en place, avec deux spécialistes, François Testut et Hubert Montagner. Ce comité comprendra aussi les écoles de Brest, Belfort, Grenoble, Lyon, Lille et, peut-être Saint-Nazaire.
D’ici la rentrée, comment allez-vous vous organiser ?
Lundi 29 mars, le conseil municipal d’Angers décidera de lancer l’expérience. Suivra la décision de l’inspectrice d’académie. Ensuite, il nous restera trois mois pour caler les horaires matin, midi et après-midi. Nous allons engager un partenariat avec les deux maisons de quartier, comme avec la structure sportive. C’est une décision prise dans l’intérêt des enfants, des familles et de la ville.
Recueilli par Marianne DEUMIÉ.