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Sco-PSG : une demi-finale invisible dans les rues5 |
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Que ce soit dans les vitrines, sur les balcons ou les terrasses, aucun signe aux couleurs du Sco dans les rues d'Angers.
Pas de fanions, ni de drapeaux. À moins d'une semaine de cette rencontre de coupe de France, les couleurs du Sco sont loin d'envahir les rues d'Angers. Les Angevins boudent-ils le noir et blanc ?
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« Nous, supporters du Sco, aimerions voir notre ville s'orner de noir et blanc ! » L'appel est lancé aux médias locaux par Patrick Couturier. Ce fervent supporter du Sco aimerait bien voir un peu plus d'enthousiasme dans sa ville, pour le match de mercredi prochain.
Le dernier passage du Sco d'Angers en demi-finale de coupe de France, c'était en 1969. Alors, à 5 jours seulement de cette nouvelle chance, un engouement aurait pu, légitimement, commencer à poindre son nez en ville. Mais rien. Dans le centre d'Angers, les vitrines des magasins regorgent de couleurs... Pour le festival du cinéma africain ou pour la prochaine foire expo sur les Incas. Aucun bout de tissu noir et blanc ne vient détonner les habituels bleus, blancs et arc-en-ciel des transports publics. Le match contre le PSG ne semble pas d'actualité. Plusieurs bars le diffuseront sur grand écran et pourtant, sur les terrasses, les menus du jour gardent l'exclusivité des chevalets.
Les Angevins, supporters sages
« Si ce sont des fanions aux fenêtres des gens ou des drapeaux aux balcons que vous attendez, on n'en sera pas là , avise Michel Houdbine, adjoint aux sports de la mairie d'Angers. S'il y a un soir de réaction, ce sera peut-être juste avant le match et encore. Le dernier, contre Bordeaux, était important et il n'y a pas eu de manifestations exubérantes dans la ville. Les Angevins sont des supporters plutôt sages. »
Sages, certainement. Pas emballés, c'est sûr. Dans la boutique officielle du Sco, les écharpes et les T-shirts spécialement imprimés pour cette demi-finale se vendent bien, « surtout auprès des abonnés et des supporters », confirme-t-on au téléphone. Le commun des Angevins vient aussi, mais ne comptez pas sur lui pour vider les stocks.
M. Le Gaillard tient le V & B bar depuis novembre dernier, sur le boulevard Gaston-Birgé. Originaire d'Angers, le tenancier a diffusé tous les matchs du Sco. À chaque fois, il a fait le plein de supporters et autres amateurs de football. Mercredi soir, il sait que son bar sera à nouveau bondé de ces mordus, devenus des habitués.
Quant aux autres : « Vous savez, c'est dur à bousculer un Angevin. Même pour un concert, un spectacle, il reste assez froid. Peut-être par pudeur ou tout simplement parce qu'on n'a pas la culture festive... » Autant qu'il se souvienne, la finale de la coupe du Monde 1998 a été le dernier moment de folie que le tenancier ait vécu à Angers. Mis à part, peut-être, « les trois ou quatre coups de klaxons lors de la montée du Sco en ligue 2 ».
Le côté sportif l'emporte
La très récente affaire Willy Bernard, président du club, aurait-il refroidi les foules ? « Il y a quelques boutades, mais le côté sportif l'emporte chez les supporters », constate M. Le Gaillard. Avis partagé par Patrick Couturier : « Depuis qu'il est là , l'équipe a de bons résultats quand même. »
Alors, pourquoi ce calme plat, qui semble n'augurer aucune tempête ? La douceur angevine peut-être. « On la connaît, elle est bien sympa, mais bon. Quand les médias nationaux seront là pour le match, ce serait l'occasion de montrer qu'Angers est derrière son équipe, festive... » Et de sa plume de supporter, Patrick Couturier écrit « Angevins réveillez-vous, il va falloir en mettre un coup ! »
Nolwenn GUILLOU.
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Ouest-France