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La nuit des musées a mixé les arts à Angers... |
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La répétition du Bal moderne, proposé par le CNDC à des dizaines de danseurs amateurs, a enchanté le musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine.
En proposant de la musique et de la danse, les musées d'Angers ont souvent changé la tonalité des lieux, tout en restant dans une même logique artistique. Les Angevins ont été séduits.
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« Faire des ponts entre les différentes disciplines artistiques », vous en rêvez ? Le musée-château de Villevêque le fait, affirme Julie Guillemant, médiateur culturel. « Nous accueillons régulièrement des musiciens et des comédiens. » Dans l'une des deux salles du délicieux château, Jean-Paul Albert confirme cette volonté : il donne un concert de guitare acoustique aux accents celtiques et moyen-orientaux, devant une salle conquise et silencieuse. Il donne aussi le ton d'une nuit des musées dédiée au mélange des arts, mais pas des genres.
Impression confirmée au charmant muséum des sciences naturelles. Alors que la foule, compacte, se déplace en famille ou en couple, le brouhaha cesse comme par magie, par la grâce de deux musiciens. Bertille Couvercelle, à la flûte, et Diego Amaral Coutinho, au violoncelle, figent les spectateurs, qui semblent alors tout droit sortis d'un joli tableau.
Mais la plus éclatante démonstration de ce mariage de coeur et de raison, c'est la présence de dizaines de danseurs dans la cour du logis Barrault d'abord, puis à l'imposant musée Lurçat, ensuite. Le centre national de danse contemporaine répète « le Bal moderne », qui sera donné au Quai, le 28 mai. Comme par enchantement, l'immense salle passe du statut de musée à celui de piste de danse. La métamorphose s'est opérée en deux, trois mouvements, sous l'oeil amusé des immenses tapisseries, qui simulent un public silencieux. Un moment d'exception.
Un petit détour par la galerie David-d'Angers, enfin, pour constater que l'humour et l'art peuvent aussi faire bon ménage. Grâce à un système de vidéo-projection, la société ADN productions fait « coller » au buste de Victor Hugo le visage de visiteurs volontaires ; les lèvres de la sculpture semblent bouger, ses yeux s'animer. Comme un clin d'oeil à une culture vivante que la nuit des musées cherche justement à promouvoir.
Laurent BEAUVALLET.
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