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Battu à mort au cours de la soirée d'anniversaire... |
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Les faits se sont déroulés en plein coeur de ville, à deux rues du château de Baugé.
Au bout de la fête, un homme de 40 ans, déficient mental, est mort après avoir subi un interminable calvaire. Hier, à Angers, quatre jeunes de 17 à 22 ans ont été mis en examen pour actes de barbarie.
Trois jeunes hommes de 17, 18 et 22 ans, ainsi qu'une jeune femme de 17 ans, ont été mis en examen, hier soir, à Angers, pour actes de barbarie suivis de mort, pour séquestration aggravée par les actes de barbarie, et pour non assistance à personne en danger. Ils encourent la perpétuité.
Ils sont soupçonnés d'être responsables du décès d'un homme de quarante ans, survenu au cours du week-end dernier, à Baugé (Maine-et-Loire). Selon la procureure de la République d'Angers, Brigitte Angibaud, « la victime est une personne souffrant de déficience intellectuelle ¯ employée dans un CAT voisin ¯ qui avait été invitée à participer à une soirée d'anniversaire, vendredi. »
La fête se déroulait dans une maison située à deux pas du centre-ville de cette commune de 3 500 habitants. L'habitation, de type ancien, était occupée par le jeune homme de 17 ans mis en examen, qui était jusque-là en apprentissage. Au total, six personnes participaient à la soirée. Les quatre mis en examen, la victime, et un autre jeune homme, mis hors de cause dans l'affaire criminelle.
« Sur fond de grande beuverie, et probablement d'usage de produits stupéfiants », la fête a viré au cauchemar pour l'invité quadragénaire. La procureure fait état de « nombreux coups portés à la victime ». Et d'indiquer : « Grimpés sur le lit, ou accrochés à une poutre, des jeunes lui ont aussi sauté dessus, l'ont ébouillanté... » La liste des violences est longue. Comme la durée du calvaire subi par la victime.
La cruauté de ses bourreaux ne s'est pas arrêtée pas là. « En fin de soirée, ils l'ont enfermé dans la cave et en ont condamné l'entrée avec un meuble », poursuit la magistrate. Agonisant, l'homme y serait resté environ 24 heures, avant que le groupe resté dans la maison ne retourne s'enquérir de son état.
La nuit suivante, « ils l'ont sorti de la cave pour le transporter dans un hangar, derrière la maison ». Moment de lucidité, prise de conscience? Les jeunes ont alors appelé le Samu « qui leur a demandé de prendre le pouls ; mais il n'en avait plus ».
Quand les secours sont arrivés sur les lieux avec les gendarmes, deux personnes étaient encore auprès de la victime. Ils ont été mis en garde-à-vue. Il était 4h, dimanche. Au total, une trentaine de gendarmes ont été mobilisés sur cette enquête. Les deux autres jeunes ont été interpellés un peu plus tard. A l'exception du plus âgé, connu pour des affaires de vol et de produits stupéfiants, aucun d'eux n'avait d'antécédents judiciaires.