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Basket-ball : « Souvent, dans une union, un club prend le pouvoir »... |
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L'UF Angers Basket 49, union de Saint-Léonard et Angers BC, est aujourd'hui la place forte du basket féminin en Maine-et-Loire. La volonté de départ à ce rapprochement était sportive. Lorsqu'elle est politique ou financière, les résultats ne sont (généralement) pas aussi bons. © Archives Ouest-France - Sébastien Aubinaud
Débat « Angers BC 49 - Eosl Angers ». La réussite d'une union est souvent liée au contexte de son point de départ. Voici trois exemples.
Tellement bien qu'en 2006, deux ans après sa création, l'Union prend son indépendance. Exit le mot « Etoile », signe de la présence léonarde, dans l'appellation de l'Union. « Une union qui reste attachée aux deux clubs, c'est compliqué », juge Brito De Sousa.
Aujourd'hui, l'UFAB est la place forte du basket féminin en Maine-et-Loire. Ses effectifs sont passés de 5 à 14 équipes et de 50 à 160 licenciés. Sa N2 s'est maintenue avec 7 joueuses formées intra-muros. Ses cadettes disputent samedi les 1/2 finales nationales. « Je ne suis pas persuadé que l'ABC et l'Eosl pensaient qu'on allait s'imposer de la sorte », indique Brito De Sousa.
Une volonté financière : l'Union Carquefou/Sainte-Luce. En 2006, Ste-Luce veut s'unir avec son voisin nantais, distant de quelques hectomètres. Carquefou, pourtant relégué en N3, refuse. La prochaine tentative, un an plus tard, sera la bonne. « Ste-Luce ne pouvait pas repartir financièrement en N2 et Carquefou, qui remontait, n'était pas aisé non plus », explique Jean-Claude Guibert, président de l'Union « originaire » de Ste-Luce.
Deux saisons après, quel bilan ? « C'est très compliqué, avoue Jean-Claude Guibert. Carquefou est un patronage qui compte sur les collectivités. Ste-Luce, c'est la culture du partenariat privé. Et puis, je dirais qu'en général, dans une Union, un club prend le pouvoir. Là, c'est Ste-Luce. »
Une volonté politique : Tours-Joué Basket. En 2004, les municipalités concernées et l'Agglo « Tour (s) Plus » veulent unir le Touraine Basket Club et l'AS Joué-lès-Tours. Le TBC descend en N3M, l'ASJ se maintient en N2. « Les élus préféraient donner un peu moins mais à une seule équipe en N2, pour, donc, un budget plus important », se souvient une source proche des deux entités.
Mais les choses se gâtent au bout de 2 ans. « Le président de l'époque, qui était de Joué-lès-Tours, a été plus ou moins écarté. Et c'est le TBC qui a eu la mainmise. Aujourd'hui, je ne sais pas s'il reste encore dans le Conseil d'Administration une personne de l'ASJ. » Et ça s'est fait sans révolte. « Les municipalités appuyaient tellement le projet qu'il n'était pas concevable de repartir chacun de son côté. »
Que s'est-il ensuite passé ? « Le TBC, qui vit encore sur ses vieilles heures glorieuses des années 80, s'est dit : si on prend des vrais joueurs pros, nous serons les rois du Monde. » Trois ans plus tard, le bilan est peu glorieux : quatre coaches évincés et surtout 130 000 € de dettes pour un budget d'environ... 380 000 €. Placé en redressement judiciaire, le club attend l'avis du mandataire. Et « il est question que l'Union s'arrête. »