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700 trains impactés par les colis suspects en gare d’Angers en 2021... |
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Les démineurs scannent les bagages abandonnés avant de les détruire la plupart du temps (photo d’illustration). © CO – LAURENT COMBET
Le nombre de bagages abandonnés est en forte hausse à Angers, comme ailleurs, entraînant des perturbations sur les rails. Le dernier en date, vendredi 7 janvier, a interrompu le trafic.
Ça n’arrête pas
. Ceux et celles qui voyagent régulièrement en train depuis, à destination ou via la gare d’Angers le remarquent : les perturbations de trafic dues à des bagages abandonnés semblent de plus en plus fréquentes. Vendredi 7 janvier, tous les trains ont dû rester à quai. En novembre, par deux fois, le trafic a été interrompu à des horaires de forte affluence. Les agents ont même fait passer les voyageurs par l’extérieur de la gare pour rejoindre les voies.
Depuis 2019, les interventions en gare d’Angers ont été multipliées par 4
, indique le commandant Rico du centre de déminage de Saint-Étienne-de-Montluc, près de Nantes.
Cette forte hausse s’explique par la mise en application récente
d’un nouveau protocole portant sur les procédures d’intervention en milieu ferroviaire des forces de sécurité intérieure et des services de secours
, rédigé en février 2020 et à diffusion restreinte, pour des raisons évidentes de sécurité.
Une hausse nationale
En 2021, 65 procédures bagages abandonnés
ont été recensées en gare d’Angers, soit 700 trains impactés, dont 70 supprimés. Du côté du centre de déminage, on dénombre une douzaine d’interventions dans les trains ou en gare d’Angers l’année passée.
Un chiffre qui correspond à un phénomène national
et qui reste dans une fourchette proche des autres emprises SNCF de la région du grand ouest
, indique le centre de Nantes.
Bien que beaucoup de bagages aient effectivement été abandonnés par oubli ou maladresse, il y a malgré tout quelques cas d’actes purement malveillants
, déplore-t-il.
15 minutes à 2 heures d’intervention
Lorsqu’un bagage abandonné est repéré par un voyageur ou un agent dans une gare, la première étape consiste à chercher son propriétaire. C’est là que l’importance de l’étiquetage des bagages prend tout son sens. S’il est bien fait, l’étourdi est contacté, s’il n’a pas été fait, la gare procède à une recherche d’abord par des annonces sonores, puis via les caméras de surveillance. Si celles-ci ne donnent rien, le plan Vigipirate est activé.
Lorsqu’un périmètre de sécurité est déployé par les forces de l’ordre autour de l’objet suspect, la gare est parfois évacuée. Les forces de l’ordre demandent la mobilisation d’une équipe de déminage. Le centre de déminage le plus proche est basé à Saint-Étienne-de-Montluc, près de Nantes.
Le bagage est scanné. Et en cas de doute sur son contenu, ce qui représente la plupart des cas, il est détruit à distance à l’aide d’une charge explosive dans une zone sécurisée.
La procédure complète prend en moyenne deux heures, du signalement au retour à la normale du trafic.
Jusqu’à 126 euros en cas d’oubli
Quand un bagage abandonné entraîne l’intervention des forces de l’ordre, une amende peut être infligée ou une plainte déposée. Si aucun retard n’est à déplorer, l’étourdi risque une amende de 178 euros plus 38 euros de frais de dossier pour l’intervention des autorités pour « infraction d’imprudence », conformément à l’article L2242-4, 4°, du Code des Transports.