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« Une grave menace » pèse sur l’apprentissage, des formations sur la sellette faute de finances en Pays de la Loire... |
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La baisse des moyens financiers pèse lourd sur le secteur de l’apprentissage, même dans les métiers en tension comme le bâtiment. © Ouest-France
La régionale Chambre de métiers et de l’artisanat alerte, dans une lettre ouverte, sur la « spirale catastrophique » liée à la baisse des financements, et, pour la première fois depuis 2013, une baisse des effectifs. Plusieurs fermetures de filières se profilent si rien n’est fait.
La chambre de métiers et de l’artisanat des Pays de la Loire tire le signal d’alarme face à des effectifs d’apprentis (-6 %) qui reculent. Alors qu’elle accueille 16 280 apprentis en formation, tous secteurs confondus, la baisse de moyens financiers pour l’apprentissage, de 3 millions d’euros dans la région, pèse lourd.
Au plan national, on assiste à la fermeture de sections à faibles effectifs, des sections implantées dans les zones rurales et périurbaines,
souligne-t-on du côté de la Chambre. Mais aussi des fermetures dans des formations aux métiers en tension » ou encore « de formations nécessitant des plateaux techniques souvent coûteux ».
La conséquence directe, ce sont des formations en apprentissage qui sont sur la sellette en Pays de la Loire : il y a des menaces sur le BTS gestion PME en apprentissage à Saint-Nazaire, une formation de traiteur à Angers, un brevet complémentaire pâtisserie en Sarthe. Ailleurs, ce sont des regroupements qui sont envisagés. Ainsi, la formation de barman, à Saint-Nazaire, pourrait partir vers Nantes ; et la formation complémentaire cuisinier, desserts en restauration pourrait quitter la Vendée pour aller à Nantes également.
Équilibre fragile
Comment en est-on arrivé à une telle situation ? Dès 2022, j’ai alerté le gouvernement sur la nécessité d’un pilotage stratégique de l’apprentissage », détaille le président régional (et national) de la Chambre de Métiers, Joël Fourny.
L’équilibre de la filière doit faire face, selon la Chambre de métiers, à l’irruption massive de nouveaux opérateurs à la recherche de marges.
Une situation relayée auprès des ministres successifs qui n’ont jamais donné lieu aux mesures correctrices indispensables.
Le fonds de formation est très ouvert à la concurrence. Nous faisons en sorte d’utiliser l’argent public à bon escient dans les Chambres de métiers. Mais il faut un peu de régulation et de vérification sur les résultats obtenus, par le biais d’un comité de suivi.
Joël Fourny explique que c’est aujourd’hui, qu’il faut redéfinir les éléments financiers pour la rentrée 2026. Afin de donner une vision aux Chambres de métiers, il est hyperimportant de se réunir avec le gouvernement.
Car la Chambre craint une spirale catastrophique
: la fermeture de sections entraîne la baisse d’effectifs qui, elle-même, risque de conduire à la fermeture de nouvelles sections.