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« Une année à liquoreux, déjà historique » : à Bonnezeaux, la promesse d’un excellent millésime... |
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François Geffard, président de l’appellation Bonnezeaux ; Nicolas Bouleau, vice-président, et Violaine Brault. Tous les trois, producteurs de vins blanc liquoreux Bonnezeaux, s’attendent à un millésime exceptionnel. © OUEST-FRANCE.
La trentaine de vignerons producteurs de cette appellation, tous situés à Thouarcé, commune déléguée de Bellevigne-en-Layon (Maine-et-Loire), s’attend à un millésime exceptionnel.
Les années « en 5 », dit-on, sont généreuses. Et même si elle est davantage une conséquence du réchauffement climatique que celle d’un millésime supposé porte-bonheur, la beauté des grappes, cet automne à Bonnezeaux, est, en effet, remarquable.
Dès la floraison, très précoce, la trentaine de vignerons producteurs de cette appellation, tous situés à Thouarcé, commune déléguée de Bellevigne-en-Layon (Maine-et-Loire), ont senti que cette année serait la leur, après deux millésimes marqués par une météo complètement déboussolée.
« Cet été, il a plu quand il a fallu et ensuite, on a eu une belle arrière-saison, avec de la brume matinale et du soleil », contextualise Violaine Brault, du domaine des Chapelles. Les premiers tris de raisins ont donc commencé mi-septembre, avec un mois d’avance.
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Une année à liquoreux
« C’est comme s’ils étaient passés dans une cabine autobronzante », image François Geffard, président de l’appellation Bonnezeaux. L’allure des dernières grappes de chenin, qui seront cueillies dans les prochains jours, témoigne en effet d’une belle concentration en sucre et d’un exceptionnel passerillage : les grains, recroquevillés grâce au soleil, ont presque un goût de bonbon. « C’est une année à liquoreux, elle va marquer l’histoire », s’enthousiasme François Geffard.
Aujourd’hui, les moûts sont en pleine fermentation : on aura donc la confirmation de ces prévisions au printemps, alors que l’appellation célébrera ses 75 ans. Le Bonnezeaux a en effet été officiellement reconnu en 1951, sur une initiative de quelques producteurs de Coteaux du Layon. Encadrée par de faibles rendements, cette « petite » appellation (120 hectares) jouit grâce à ses sols de schiste et à la « pourriture noble » d’une réputation d’exception. Ses bouteilles se vendent entre 15 et 25 €.

En cette journée de mi-octobre, il reste quelques grappes de chenin à récolter dans les vignes de l’appellation Bonnezeaux. OUEST-FRANCE.
Les vignerons projettent cette année de faire 200 000 bouteilles, contre 150 000 environ habituellement. Des perspectives réjouissantes d’« excellent millésime » que partagent d’ailleurs d’autres domaines des Pays de la Loire, du muscadet au coteaux du Layon en passant par le sud Sarthe, mais qui contrastent avec un bilan national plus prudent. À cause de la canicule d’août, la production viticole a en effet diminué dans la plupart des bassins, où taxes Trump, déconsommation de vins, maladies, grêle et incendies minent par ailleurs de nombreux vignerons.