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« Un humoriste peut vivre confortablement sans partir à Paris » : en région, le stand-up change d’ère... |
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La première édition du Angers comedy festival avait été un succès, confirmé cette année. © Sara Hamdine
Longtemps confiné à la capitale, l’art du rire gagne du terrain en France. Exemple à Angers (Maine-et-Loire), où ce succès s’accompagne d’une professionnalisation, y compris sur le plan financier.
La deuxième édition du Angers comedy festival s’est terminée dimanche 15 février. L’évènement a pris de l’ampleur, au point d’essayer de se faire une place dans la cour des grands. Tous les stand-uppeurs qui jouent pendant le festival sont payés au cachet. Et on prend en charge le train en première classe, l’hôtel et la restauration
, détaille Benjamin Dooghe, administrateur du festival et cofondateur du Palace Comedy Club.
Moins de représentations, mais plus de public
Les petits plats dans les grands, et pour cause : les régions offrent généralement moins de possibilités qu’à Paris, comme le raconte Louis Dubourg, humoriste bien implanté dans la capitale, mais présent en Anjou vendredi soir : À Paris, on peut jouer 15 fois par semaine, donc plusieurs fois le même soir. Ici, on joue une ou deux fois. Mais en plus du défraiement, les cachets sont plus importants, en particulier pour des dates comme ce [vendredi] soir où on joue devant 700 personnes, contre 90-100 en général.
Au-delà de ces événements ponctuels, Angers offre désormais un environnement pérenne aux artistes. Maintenant, un humoriste peut vivre confortablement sans partir à Paris. Même si, en vérité, tout le monde bouge partout
, appuie Benjamin Dooghe. L’essentiel pour se professionnaliser est de multiplier les cachets. Avec 43 prestations par an, l’artiste devient intermittent. Selon la même mécanique, rémunérer au cachet est donc un argument de taille pour attirer les artistes.
Des agences qui accompagnent municipalités et festivals
Pour accompagner ces derniers, certains agents se développent autour de ce marché en plein essor. Les agences en tête, avec des organisations diverses. Tandis que certaines fonctionnent par contrat (elles produisent un artiste et sont rémunérées par un pourcentage sur les billets), d’autres s’établissent comme intermédiaire.
C’est notamment le cas de l’agence Mortimer Stand-Up, fondée fin 2023 et chargée de la soirée de vendredi soir au Grand Théâtre d’Angers. On reçoit une demande de la part d’une mairie, d’un théâtre ou d’un festival, qui nous rémunère, et on y répond avec une programmation
, détaille Mélanie Polizzi, la directrice générale de l’agence.
Angers continue ainsi de poursuivre sa professionnalisation économique, tout en tenant à rester indépendant, comme le rappelle Benjamin Dooghe : On ne délègue à aucune production, et les organisateurs sont majoritairement bénévoles. Tout le budget va à la rémunération et au défraiement des artistes, à la location de matériel, et à la communication.
Pour pérenniser l’humour angevin, sans le dénaturer.