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« On voudrait des sacs de sable » : Dans le restaurant Au coin du fleuve, on se prépare à prendre l’eau... |
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Le Thoureil, lundi 16 février. Anne, Nicolas et leur fils guettent le niveau de la Loire depuis leur bistrot. « Malheureusement, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire. » © CO – Robin Peter
La Loire déborde au Thoureil, alors qu’une partie des routes du village sont sous l’eau. Pendant ce temps, les gérants du bistrot, inquiets, anticipent une inondation.
Le bistrot Au coin du fleuve, au Thoureil (Gennes-Val-de-Loire), n’est pas encore sorti de sa pause hivernale pourtant ses deux gérants, Anne et Nicolas Vitasse, sont sur le pont. Ils observent avec inquiétude la Loire qui s’avance doucement vers eux et craignent de se retrouver les pieds dans l’eau, à deux semaines de la réouverture. Leur commerce est l’un des plus proches du niveau de l’eau dans ce secteur.
Ici, l’eau a déjà submergé le quai des Mariniers. Une toue de l’association Jeanne Camille en a profité pour jeter son ancre sur un parc à vélo, à quelques mètres du troquet. C’est la première fois qu’on voit l’eau monter autant »,
observe Anne. En 2016, trois ans avant que le couple ne prenne la direction du bistrot, l’eau atteignait les marches de l’église ».
Ce n’est pas encore le cas ce lundi 16 février, mais la vigilance crue est passée au rouge en fin de journée. Le niveau de la Loire devrait dépasser les cinq mètres mardi après-midi, à Saumur, d’après les données du site Vigicrues. Un voisin, de passage, le prévient : D’ici demain, on va prendre 50 centimètres.
On a encore 1,5 mètre de marge, ça devrait aller »,
le rassure Nicolas. T’es optimiste !
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Le Thoureil, lundi 16 février. Une toue a fixé son ancre sur un parc à vélo. CO – Robin Peter
« C’est la nature, si elle a décidé, elle viendra »
Pour anticiper, Nicolas suit l’évolution heure par heure
sur le site Vigicrues. On regarde les affluents : le Thouet, l’Indre, le Cher… C’est ce qui arrive qui nous inquiète »,
poursuit Anne. L’aval aussi nous inquiète. On a peur que ça bouchonne »,
corrige Nicolas qui va même jusqu’à vérifier les coefficients de marées à Saint-Nazaire, où se jette la Loire, à 150 kilomètres de là . Il faut avoir une vision globale.

Le Thoureil, lundi 16 février. Le quai des mariniers, sous l’eau. CO – Robin Peter
On a une limite à 5,5 mètres. Lorsque la Loire atteindra ce niveau, là on s’activera pour tout sécuriser »,
prévoit Nicolas. On voudrait des sacs de sable, pas pour arrêter l’eau, mais au moins pour que ça reste propre et ne pas se retrouver avec de la boue. On ne sait pas où s’en procurer »,
complète Anne. Malheureusement, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire »,
se résigne-t-elle. Et Nicolas d’ajouter : C’est la nature, si elle a décidé, elle viendra.