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« The Deal » sur Arte : les coulisses des négociations diplomatiques, version thriller... |
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Anthony Azizi (Mohsem Mahdavi) et Richard Lintern (Gene Cory) dans "The Deal". © © Les Films Pelléas / Bande Ã
Près de dix ans après l’accord sur le programme nucléaire iranien, Arte diffuse dès ce jeudi 23 octobre « The Deal », une mini-série haletante semi-fictive qui nous plonge dans les coulisses de ces négociations diplomatiques.
L’Iran est accusé de développer l’arme nucléaire. Sur la scène internationale, c’est la panique. Les États-Unis de Barack Obama menacent le pays de sanctions économiques. Nous sommes à Genève, en Suisse, en 2015. Alexandra Weiss (Veerle Baetens) se retrouve projetée à la tête de la mission diplomatique suisse chargée d’orchestrer un accord sur le programme nucléaire iranien. Elle doit jongler entre les protocoles, son passé et les intérêts des deux pays. Le tout sous l’œil d’une Union européenne faiblarde, et d’une Chine et d’une Russie discrètes mais alertes.
Derrière les poignées de mains
La mini-série (6 épisodes de 45 minutes environ) mêle histoire vraie minutieusement documentée et personnages fictifs. En huis clos dans un hôtel de luxe, The Deal nous emmène dans les coulisses des négociations diplomatiques. Derrière les annonces politiques se cache un drastique protocole. Tout est réglé comme du papier à musique, ou, à défaut, chaque geste est surveillé. Qui s’exprime, quand, où, comment se font les échanges. Derrière chaque poignée de mains face à la presse, quelles sont les dizaines de cerveaux qui s’affairent ? Comment défendre les intérêts d’un pays sans se faire dépasser par son histoire personnelle ?
Les prémisses des décisions diplomatiques, les vraies, se font souvent entre deux couloirs, au détour d’un café ou d’une climatisation défaillante. C’est toute cette organisation qu’ont voulu mettre en évidence les scénaristes Jean-Stéphane Bron (Cleveland contre Wall Street) et Alice Winocour ( Mustang ). « Dans une négociation internationale, il y a tout un cadre protocolaire très strict […] On pèse chaque mot d’une déclaration. […] On s’est dit : la série commence là où cette partie-là s’arrête », expliquait Jean-Stéphane Bron sur les ondes de France Info.
Un trio gagnant
La diplomatie est une source inépuisable de récits tant elle intrigue. The Deal met en scène l’art du compromis international avec brio. En plus de la suisse Alexandra Weiss, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohsem Mahdavi (Anthony Azizi) fait face à la sous-secrétaire d’Etat nord-américaine Cindy Cohen (Juliet Stevenson, brillante). Les protagonistes portent à eux trois l’ambiance de la série.
On pourrait reprocher au scénario une histoire d’amour un peu caricaturale noyée dans le suspense politique, mais les dessous du pouvoir, bien représentés à l’écran, contrebalancent ce bémol. La mini-série est efficace, son scénario bien ficelé. The Deal a d’ailleurs reçu la mention spéciale du jury pour son scénario au festival Séries Mania 2025.
Arte , 20 h 55.