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« Sécuriser 582 ha de zones humides » : un accord de grande ampleur pour la sauvegarde du marais de Mazerolles... |
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Le marais endigué voit disparaître l’agriculture extensive, au profit des espèces invasives, telles que la jussie. © Ouest-France.
WWF France et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) annoncent l’acquisition d’une part majeure du marais de Mazerolles, ce site stratégique le long de la rive gauche de l’Erdre, au nord-est de Sucé-sur-Erdre. Avec l’objectif de préserver l’eau, la biodiversité et les territoires.
Un accord de grande ampleur pour la sauvegarde du marais de Mazerolles a été signé mardi 24 février, à Gueux, village de la commune de La Marne, au sud-ouest de la Loire-Atlantique.
WWF France et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), aux côtés de la Fondation espaces naturels de France et en lien avec le conservatoire d’espaces naturels des Pays de la Loire, ont acquis une part majeure de marais de Mazerolles.
Cet achat permet de sécuriser 582 ha de zones humides, dont 516 ha de marais endigués, au cœur d’un site classé Natura 2 000,
indique Jean Rousselot, responsable eau douce à WWF France. Ce territoire est pour nous un espace majeur, au même titre que le lac de Grand-Lieu et la Brière, dans la préservation des migrateurs et dans le combat des espèces invasives, telles que la jussie.
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Plus de deux mètres d’épaisseur de tourbe
L’épisode pluvieux de ce dernier mois montre combien les zones humides sont nécessaires dans leur fonction d’éponge et dans la prévention des inondations. Mais ce sont aussi de véritables pièges à carbone. La matière organique décomposée depuis des siècles offre parfois plus de deux mètres d’épaisseur de tourbe,
assure Jean Rousselot.Les 582 ha acquis représentent, à eux seuls, une capacité de stockage de 10 à 15 000 équivalents tonnes de CO2 par an.
La restauration de la nature se fera tranquillement et les actions à mener s’effectueront conjointement avec les partenaires locaux, tels que la commune de Saint-Mars-du-Désert, la communauté de communes Erdre et Gesvres (CCEG) et Atlantic’eau, concerné directement par ses deux captages souterrains.
Endiguer la prolifération de la jussie
La commune est très satisfaite de cet achat par des organismes reconnus pour leur vision sur la protection de l’environnement,
s’enthousiasme Xavier Leprévost, élu en charge du dossier marais.Il nous faut construire un nouveau style de gouvernance avec nos nouveaux partenaires et avec l’Association syndicale des propriétaires de marais, constituée de 70 à 80 petits propriétaires qui détiennent des parcelles disséminées.
Après des études menées par l’université de Rennes, un travail va être engagé pour la mise en place d’espèces végétales capables d’endiguer la prolifération de la jussie et, si possible, de faire reculer ses zones d’implantation afin de redonner place à du pâturage. Nous espérons aussi, à moyen terme, laisser place au public pour la découverte de ce milieu naturel »,
confirme le responsable eaux douces.