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« S’il y a un contrat, on doit intervenir » : après les inondations, quel rôle pour les compagnies d’assurances ?... |
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Les assurances ont missionné des experts dans les maisons des habitants sinistrés par les inondations en Maine-et-Loire. © Ouest-France
Alors que la décrue s’amorce lentement en Maine-et-Loire, les compagnies d’assurances commencent à intervenir auprès des sinistrés. Objectif : déterminer ce qui pourra être indemnisé ou non.
Dans la maison de Philippe Louvet-Guérif, à la pointe de Bouchemaine (Maine-et-Loire), les chaises sont sur les tables. Les meubles, eux, sur des parpaings. Et au milieu, un expert missionné par sa compagnie d’assurances. Les murs ont entre 50 à 60 % d’humidité. Il va falloir les assécher avec un déshumidificateur
, déclare ce dernier. Quelques jours auparavant, à cause des inondations, l’eau était montée à plus de 30 cm. J’espère que ça ne va pas recommencer
, plaisante le propriétaire des lieux.
Ce jeudi 26 février 2026, l’heure est au constat. Identifier le mobilier abîmé mais aussi vérifier si les murs n’ont pas été trop fragilisés par les crues. Bref, savoir précisément ce qui a survécu et ce qui devra être changé. C’est une tournée spéciale pour estimer les dommages et pouvoir déclencher les procédures
, détaille Agathe Souef, directrice indemnisation chez Allianz.

Philippe Louvet-Guérif, dans sa maison sinistrée à Bouchemaine. Ouest-France
La commune de Bouchemaine, comme 76 autres du département, est reconnue en état de catastrophe naturelle. De quoi largement faciliter l’indemnisation pour les victimes. Elles ont désormais 30 jours – au lieu de 5 – pour déclarer un sinistre. Une fois le rapport de l’expert reçu, on déclenche immédiatement le versement d’une partie de l’indemnité. Le reste se fera à la fin, sur présentation des factures.
Tout dépend de votre contrat
Cela couvre tant des travaux que du rachat de matériel et concerne tous les assurés, même ceux en zone inondable, à partir du moment où leur logement a la garantie dommages. S’il y a un contrat, on doit intervenir.
Pour Philippe Louvet-Guérif, une entreprise va s’occuper de nettoyer son rez-de-chaussée et d’évacuer l’humidité ambiante.
Côté restaurateurs, c’est à quelques détails près la même chanson. La franchise, par exemple, est plus importante. Le client peut aussi avoir une garantie d’exploitation, pour éviter qu’il n’ait à piocher dans sa trésorerie
, affirme Alexandre Choisnet, inspecteur indemnisation. Les montants reçus, eux, dépendent des garanties prises. C’est important de faire de la pédagogie : un contrat d’assurance, ce n’est pas qu’un prix à prendre en compte, c’est aussi un risque
, reprend Agathe Souef.
Pour l’instant, la décrue ne faisant que s’amorcer, la compagnie d’assurances a reçu relativement peu de demandes. Mais elle s’attend à un pic dans les prochains jours, une fois, notamment, que les habitants des zones évacuées auront pu retourner chez eux.