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« Pour fabriquer un jean, il faut 10 000 litres d’eau » : ce professeur en Anjou projette notre quotidien en 2049... |
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Nathanaël Wallenhorst, est professeur chercheur à la faculté d’éducation de l’Université catholique de l’Ouest dont il est le doyen, spécialiste de l’anthropocène, période géologique caractérisée par la prépondérance de l’activité humaine dans les changements climatiques. © Ouest-France
Trois fois docteur, en sciences de l’environnement, en politique, et en éducation, Nathanaël Wallenhorst, chercheur à l’UCO, étudie depuis 10 ans l’anthropocène. Dans son 20e livre, 2049, il raconte le quotidien sur terre dans un futur proche, si rien ne change.
Bienvenue dans l’ère de l’imprévisible. C’est en tout cas ce que prévoit Nathanaël Wallenhorst. Le doyen de l’Université catholique de l’Ouest, à Angers (Maine-et-Loire) publie un essai intitulé 2049, ce que le climat va faire à l’Europe (Seuil) pour alerter sur les effets du changement climatique sur le continent.
Quel est le sujet de votre dernier livre : 2049, ce que le climat va faire à l’Europe ?
2049 fait le tour d’horizon des incidences du climat sur nos existences, au quotidien. Voilà 10 ans que j’étudie l’anthropocène. Il va falloir apprendre à vivre avec moins, beaucoup moins. Car le paquet de ressources est limité. Dès qu’on tape dedans, on fragilise le système aujourd’hui et on entrave les possibilités d’avenir. J’ai publié 2049, fruit de mes recherches scientifiques, pour qu’il soit un appui pour agir, avec une dimension grand public, des exemples, des illustrations. Tout le monde est concerné.
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Que vous apprennent vos recherches ?
Jusque-là , il y avait une certaine linéarité dans nos existences, comme les saisons par exemple, une relative abondance grâce à un climat stable et prévisible. À l’avenir, fini le stable et le prévisible. La pénurie deviendra la norme. Il y aura des sécheresses, l’eau arrivera en trombe sur des sols imperméables. Il faudra affronter la désertification des champs, des famines en Europe et des migrations climatiques de milliards d’individus.
Votre livre apporte-t-il des solutions ?
Je donne des directions d’action avant qu’il ne soit trop tard. Pour fabriquer un jean, il faut 10 000 litres d’eau. Il faut arrêter. Le jour où on devra répartir l’eau car il n’y en aura plus assez, ce sera la fin de la paix. Il faut une taxe tournée vers la pérennité du monde. Milliardaires ou smicards auraient droit de consommer le même nombre d’unités. Au nom de quoi un milliardaire a le droit actuellement de consommer 1 000 fois plus, au détriment des chances de survie sur la planète. Je ne désespère pas que toutes politiques confondues, on se mette ensemble pour agir.
2049, ce que le climat va faire à l’Europe (Seuil), 336 p, 20€80.
Jeudi 8 janvier, 19 h à la CCI à Angers, 8, Boulevard du Roi René, conférence autour de 2049 et l’anthropocène.