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« Pas de décision actée » : A Saint-Georges-sur-Loire, la rocade continue à jouer au serpent de mer... |
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Chaque jour, le bourg de Saint-Georges-sur-Loire est traversé par environ 8 000 véhicules, dont de nombreux camions. D’où le projet d’une déviation défendu par les élus de la municipalité. © Ouest-France
Le 18 décembre 2023, le conseil municipal de Saint-Georges-sur-Loire (Maine-et-Loire) avait validé le contournement du bourg. Où en est-on aujourd’hui ? Nous avons interpellé le maire, Philippe Maillard pour en savoir plus.
Bref rappel d’un lourd dossier
Le 18 décembre 2023, le dossier de la déviation de Saint-Georges-sur-Loire (Maine-et-Loire) a semble-t-il trouvé un aboutissement. Ce soir-là, les élus de la commune avaient validé le contournement du bourg par le nord « sous certaines conditions financières », c’est-à-dire un plan d’investissement de 1,2 million d’euros, sur un montant total du chantier évalué à 4,5 millions d’euros.
Rappelons que ce projet de déviation veut détourner la majeure partie des 8 000 véhicules dont un grand nombre de camions, qui traversent le bourg au quotidien.
Quelles sont les autres solutions ?
Ce projet de contournement a des opposants. Ils se regroupent au sein du collectif d’habitants « Saint-Georges en commun ». Ils sont contre la bétonisation des terres agricoles. Et proposent une autre solution : la levée du péage (la gratuité) entre Saint-Germain-des-Prés et Saint-Jean-de-Linières (17 km) qui permettrait de capter une grande partie des véhicules (5 000 sur 8 000) et de résoudre les problèmes de ralentissements à la sortie d’Angers et surtout d’éviter la construction d’une déviation.
Où en est la mairie aujourd’hui ?
« Je peux dire aujourd’hui qu’aucune nouvelle décision est actée », écrit le maire, Philippe Maillard, dans le prochain magazine Saint-Georges infos, à paraître prochainement. Depuis le 18 décembre, « plusieurs rencontres avec le Département et la communauté de communes Loire-Layon-Aubance ont eu lieu. Ces rencontres se poursuivent toujours pour clarifier aussi bien la question de la prise en charge financière que de la question de la consommation foncière ».
Alors, la déviation se fera ou ne se fera pas ? « Si vous écrivez que le contournement est abandonné, vous êtes dans une erreur absolue, si vous écrivez que le contournement va débuter, vous êtes dans une erreur absolue. » En clair, la déviation continue à jouer au serpent de mer comme elle le fait depuis plus de vingt ans…
Qu’en pense le Département ?
Le Département du Maine-et-Loire avait donné son accord pour une prise en charge de 50 % du coût du chantier (évalué rappelons-le à 4,5 millions d’euros), sous condition que les élus de Saint-Georges-sur-Loire se prononcent sur le positionnement nord ou sud de la déviation (ils ont donc opté pour le nord) et sur le financement. Et c’est bien là que le bât blesse. Car le 1,2 million de la commune additionné aux 2,25 du Département, cela fait 3,45 millions. Il reste un peu plus de 1 million à trouver. À Saint-Georges-sur-Loire, les regards se tournent vers la communauté de communes.
Qu’en pense Loire-Layon-Aubance ?
La communauté de communes va-t-elle mettre la main au porte-monnaie pour la rocade de Saint-Georges-sur-Loire ? Son président, Marc Schmitter, n’élude pas la question. « La communauté de communes n’a pas prévu d’intervenir aujourd’hui en matière d’investissement dans le cadre de notre projet de territoire pour la période 2024-2026. » Et il ajoute : « Oui, le projet risque de ne pas aller jusqu’au bout si le Département limite sa participation à 50 %. »
En résumé…
La communauté de communes n’a pas prévu de financer la rocade de Saint-Georges-sur-Loire dans les prochaines années. Et le Département donne priorité aux projets déjà lancés, comme la 2X2 voies de l’axe Angers – Poitiers, le tronçon entre Les Ulmes et Saumur et les contournements de Concourson et des Alleuds. Cela ne veut pas dire que la déviation de Saint-Georges-sur-Loire ne se fera jamais. Cela veut dire que le montant du chantier sera alors bien supérieur aux 4,5 millions actuels. En sachant qu’actuellement, une route neuve coûte 1,5 million d’euros le km.