|
« On doit s’adapter » : en Anjou, ce prêtre à vélo redéfinit sa mission dans sa paroisse rurale... |
1
Laurent Blourdier, nouveau curé de la paroisse de la Nouvelle-Alliance-en-Loire-et-Mauges. © Ouest-France
Le déficit de prêtres incite le nouveau curé de la paroisse de la Nouvelle-Alliance-en-Loire-et-Mauges (Maine-et-Loire) à miser sur le développement des communautés ecclésiales de base. Un sacerdoce où Laurent Blourdier se veut d’abord à l’écoute de tous, croyants ou non. Rencontre.
Le 31 août 2025, Nadège Moreau, maire déléguée de La Pommeraye, à Mauges-sur-Loire (Maine-et-Loire), remettait les clés de la paroisse de la Nouvelle-Alliance-en-Loire-et-Mauges au nouveau curé Laurent Blourdier, 55 ans. C’est une tradition.
Une paroisse qui, depuis 1995, regroupe les communes de La Pommeraye, Montjean-sur-Loire, Bourgneuf-en-Mauges, Beausse et Saint-Laurent-de-la-Plaine. Originaire de cette dernière, le prêtre est donc enfant du pays. Mais ce n’est pas tout : il est aussi curé de la paroisse Saint-Pierre-en-Val-de-Loire qui, autour de Saint-Georges-sur-Loire, compte quatorze clochers.
Lire aussi : Après plus de 200 ans de présence, ces moines contraints d’abandonner leur abbaye en Anjou
« Profiter de la nature » en se déplaçant à vélo
« Cela fait beaucoup mais, faute de prêtres, on doit s’adapter à la situation et s’organiser en conséquence, explique l’ecclésiastique. Faire des choix, dire non parfois ». Les distances ne l’effraient pas. D’autant moins que, depuis que sa voiture est tombée en panne il y a quatre ans, il ne se déplace plus qu’à vélo : « Cela me donne du temps pour réfléchir et profiter de la nature. »
Il faut dire qu’il est membre de la commission diocésaine intitulée Écologie intégrale qui, au cœur des problèmes politiques, sociaux, économiques ou environnementaux, prône la prise en compte de l’ensemble des dimensions physique, mentale, familiale, sociale, culturelle et spirituelle de l’être humain.
Lire aussi : « Elles coûtent cher » : dans cette commune d’Anjou, la disparition des églises n’est pas un tabou
« Mon rôle est de soutenir ceux qui s’engagent »
Laurent Blourdier s’est donc donné des priorités : « Je veux d’abord écouter les habitants, quels qu’ils soient, là où ils sont, croyants ou non, chrétiens engagés, bénévoles associatifs, élus… Puis repenser ma façon d’être prêtre en prenant appui sur des petites communautés actives, constituées de chrétiens, de femmes et d’hommes de bonne volonté, aux sensibilités et aux attentes diverses. »
Ce sont des communautés ecclésiales de base (CEB). Enracinées dans chaque paroisse et chaque commune, et animées par des chrétiens engagés, elles vont mailler le territoire de façon autonome, tout en étant reliées les unes aux autres. « Mon rôle est alors de soutenir ceux qui s’engagent, d’assurer leur mise en relation et la coordination de l’ensemble de ces CEB », précise le père Blourdier.
Il succède à Hélène Blanchet comme animateur de l’équipe pastorale de la Nouvelle-Alliance, et se veut confiant : « Le nombre de baptêmes d’adultes ne cesse de progresser depuis deux ans. » Sont aussi membres de cette équipe Thierry Naullet, diacre, Marie-Jeanne Boré, Caroline Delannoy et Alban de La Hougue.