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« Elles coûtent cher » : dans cette commune d’Anjou, la disparition des églises n’est pas un tabou... |
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Parmi les treize édifices religieux de Beaupréau-en-Mauges, l’église Saint-Martin, à Beaupréau-en-Mauges, vient de célébrer son 130e anniversaire. © Ouest-France
Lors des questions diverses au conseil municipal de Beaupréau-en-Mauges (Maine-et-Loire), jeudi 27 mars 2025, les élus de la minorité ont reposé la question de l’avenir des lieux de culte dans la commune. En ligne de mire, leur coût financier. Leur solution serait de les laisser disparaître.
Ce jeudi 27 mars 2025, en conseil municipal de Beaupréau-en-Mauges (Maine-et-Loire), les élus de la minorité David Terrien et Christelle Annonier remettent sur le tapis le devenir des édifices cultuels.
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Une charge budgétivore
Ils rappellent d’abord que Beaupréau-en-Mauges compte treize églises pour ses dix communes déléguées. De 2016 à 2023, les dépenses liées à leur entretien représentaient en moyenne 442 000 €/an pour la commune, soit plus de 2 600 000 € sur la durée d’un mandat, soit plus de 100 €/habitant ».
Et de souligner qu’« en mars 2024, le montant des travaux pour trois églises seulement (Notre-Dame à Beaupréau, Jallais et Le Pin-en-Mauges) était estimé à 15 millions d’euros, et les élus majoritaires s’interrogeaient sur l’utilité de ces travaux ».
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Quel intérêt patrimonial ?
La minorité municipale en tire alors une conséquence : « De notre point de vue, ces bâtiments sont peu fréquentés au regard d’autres lieux plus essentiels pour nos concitoyens, qui pourraient bénéficier d’investissements par la collectivité : établissements culturels, écoles, salles de sport… »
S’agissant de leur intérêt patrimonial, ils pointent que « seule l’église Notre-Dame à Beaupréau est classée sur la liste des Monuments historiques, et devrait donc faire l’objet d’une attention particulière de la part de la collectivité ».
Et de conclure : « Notre position à ce sujet reste la même : laisser ces édifices disparaître au fil du temps tout en sécurisant leurs abords, car l’argent public doit servir l’intérêt général dans un esprit laïc. »
« L’identité du territoire »
En réponse, Thierry Merceron, adjoint à la culture et au patrimoine, rappelle que les Maugeois restent attachés à leurs églises, car « elles font partie de l’identité du territoire et de son histoire. On doit en être fiers et continuer d’en parler et de les expliquer aux jeunes générations ».
Régis Lebrun, par ailleurs maire déléguée de La Poitevinière, ajoute : « Depuis 1905, les lieux de culte sont à la charge des communes. C’est la loi. Aujourd’hui, elles coûtent cher d’entretien, c’est vrai. Il n’y a pas eu encore pour 2025 de décision budgétaire, car nous attendons les résultats des experts en juillet. Nous devons travailler en concertation, et ne pas fonctionner sur le dogme. »
Le mot de la fin pour le maire Frank Aubin : « Si nous devions prendre les décisions radicales comme vous le préconisez, soyez bien certains que ce ne sera jamais pour les mêmes raisons que vous ! »