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« Mon corps est devenu un champ de bataille » : l’émouvante lettre de Mélanie, survivante de l’incendie de Crans-Montana... |
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Originaire d’Angers, Mélanie Van de Velde Azzi est une des rescapés du terrible incendie du bar-discothèque Le Constellation à Crans-Montana en Suisse survenu la nuit du réveillon. Depuis son lit d’hôpital au CHU de Nantes, elle a rédigé une lettre ouverte publiée sur les réseaux sociaux. © CO
Originaire d’Angers (Maine-et-Loire), Mélanie Van De Velde Azzi est une des rescapés du terrible incendie du bar-discothèque Le Constellation à Crans-Montana en Suisse survenu la nuit du réveillon. « Brûlée à 40 % », la jeune femme de 32 ans, mère d’une petite fille, a été hospitalisée à Zurich avant d’être transférée au CHU de Nantes « où se déroule aujourd’hui l’essentiel de mes soins », dit-elle. Elle a écrit une lettre ouverte, publiée sur ses réseaux sociaux.
Victime du drame du 1er janvier à Crans-Montana. Je suis cette fille dont on parle parfois sans jamais dire le nom. Cette fille qui a sauté une rambarde, non pas par bravoure, mais parce qu’à cet instant précis, le feu était plus fort que la peur. Parce que rester aurait signifié mourir. J’ai sauté pour sauver ma vie. Depuis ce jour, je ne vis plus. Je survis
. Âgée de 32 ans, Mélanie Van De Velde Azzi, originaire d’Angers, figure parmi la centaine de blessés graves dans du bar-discothèque Le Constellation à Crans-Montana en Suisse qui a fait aussi 41 morts. Brûlée au troisième degré et plongée dans le coma, elle a été d’abord hospitalisée à Zurich avant d’être transférée au CHU de Nantes. Dimanche 8 février 2026, elle s’est exprimée pour la première fois en publiant une lettre ouverte sur ses réseaux sociaux.
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Mon corps est brûlé à près de 40 %. Mon corps est devenu un champ de bataille
, témoigne Mélanie depuis sa chambre d’hôpital. Chaque pansement, tous les deux jours, est une épreuve. Chaque soin ravive la douleur. La douleur ne disparaît jamais vraiment. Elle s’installe. Elle use. Elle envahit
. Mais au-delà des blessures physiques graves, ce qui hante le plus la jeune femme, c’est cette perte intime, silencieuse, impossible à expliquer à ceux qui ne la vivent pas
 : Mon visage ne sera plus jamais le même. Celui que je reconnaissais dans le miroir n’existe plus. Celui que ma fille connaissait non plus
.
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Mélanie, qui s’était installée dans la station de ski Suisse de Crans-Montana, souffre de l’éloignement de sa famille. Elle est en effet hospitalisée à Nantes depuis plusieurs semaines. Loin de chez moi. Et surtout loin de ma fille, que je ne peux pas prendre dans mes bras quand la douleur devient insupportable
.
Et de maudire cette nuit dramatique qui a bouleversé sa vie : Ma vie ne sera plus jamais la même. Mon corps ne sera plus jamais intact. Mon visage ne sera plus jamais celui d’avant. Je porterai cela toute ma vie.
Mélanie écrit enfin pour ne pas rester invisible J’écris pour qu’on comprenne que derrière un fait divers, il y a des corps mutilés, des identités bouleversées, des mères séparées de leurs enfants. J’écris pour qu’on entende enfin la voix de celles et ceux qui paient le prix le plus lourd. Je suis Mélanie. Je suis vivante
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