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« Les gens se garent n’importe comment pour une photo » : le tourisme de crue suscite la colère... |
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Prendre en photo les crues peut s’avérer très dangereux. C’est l’alerte lancée par les maires de Maine-et-Loire. Photo d’illustration. © Simon Torlotin / Ouest-France
Ces derniers jours, avec les inondations importantes qui touchent le Maine-et-Loire, plusieurs maires du département ainsi que le préfet ont alerté sur les dangers du tourisme de crue. À Angers, les services municipaux se tiennent prêts à barriérer des espaces.
Il a été l’un de premiers à pousser un coup de gueule. Jean-Paul Pavillon, maire des Ponts-de-Cé et vice-président de l’agglomération d’Angers (Maine-et-Loire), a alerté sur les dangers du tourisme de crue.Â
« La situation reste très préoccupante aux abords des cours d’eau, a-t-il écrit sur le réseau social Facebook, ce mardi 17 février 2026. Nous comprenons que beaucoup souhaitent se déplacer pour admirer le spectacle impressionnant des crues, mais nous appelons chacun à la plus grande prudence. »Â
Avec des berges qui sont fragilisées et qui peuvent s’effondrer, des routes submergées ou glissantes, les dangers sont nombreux selon lui.
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Ces derniers jours, des habitants ont pu être tentés de photographier les inondations près de chez eux. Ces comportements ont fait réagir plusieurs maires du département.
C’est le cas de Christophe Béchu qui, ce mardi 17 février, a décrit avec gravité la situation : « On entre désormais dans des niveaux que nous n’avons pas connus depuis 25 ans et pour lesquels la prudence est de mise. » La Maine doit attendre 6,12 m, ce jeudi 19 février, à 16 h, soit autant que lors de la crue de janvier 2000.
« Y’en a marre »
« Plus l’eau monte, plus c’est tentant d’aller découvrir des paysages qu’on ne connaît pas et plus c’est risqué, a estimé l’ancien ministre. Les services municipaux se tiennent prêts pour barriérer des espaces sur lesquels il y aurait des difficultés, ou pour éloigner les curieux sur des secteurs qui poseraient des difficultés. » Ce tourisme de crue inquiète aussi le préfet de Maine-et-Loire, François Pesneau : « O n va essayer de communiquer assez fortement là -dessus. »
Jacques Blondet, élu à Cheffes, ne dit pas autre chose, ce jeudi. Sur la place centrale du village, les rares places du parking sont prises d’assaut par « les touristes » de la crue : « Y en a marre, la place est en cul-de-sac, les gens se garent n’importe comment juste pour prendre une photo… »