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« La goutte de trop » : l’UFC-Que Choisir dénonce la facture salée de la dépollution de l’eau en Maine-et-Loire... |
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La dépollution de l’eau coûte cher aux usagers du Maine-et-Loire, dénonce l’UFC - Que Choisir. © Archives CO - Marie Delage
L’association de consommateurs demande au préfet d’agir. Elle organise une mobilisation le 13 décembre à Angers.
L’UFC-Que Choisir de Maine-et-Loire tire la sonnette d’alarme. Avec sa nouvelle campagne intitulée « La goutte de trop », l’association de défense des consommateurs dénonce l’état de l’eau potable dans le département, dont la qualité est altérée par les pesticides et les nitrates, et ce sont les usagers qui paient la dépollution
, dénonce l’association.
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Cette campagne intervient à l’occasion de la publication de la cinquième version de la carte interactive de l’association, qui met en lumière la contamination des ressources en eau. L’UFC-Que Choisir réclame une véritable protection des captages et l’application stricte du principe « pollueur-payeur ».
Une pollution qui s’accroche malgré les plans officiels
Malgré le plan Ecophyto, censé réduire l’usage des pesticides, l’agriculture intensive continue de polluer les nappes phréatiques, dénonce l’UFC-Que Choisir. Pus de 80 % des cours d’eau du Maine-et-Loire présentent un indice de pression toxique cumulée supérieur à 1
, signe d’une toxicité préoccupante. La totalité du département est également classée en zone vulnérable aux nitrates.
Ce constat n’est pas isolé. D’autres départements de l’Ouest de la France font face à des défis similaires. En Vendée, par exemple, des études récentes ont montré que près de 70 % des captages d’eau potable sont contaminés par des résidus de pesticides, rendant la situation critique pour les consommateurs. De même, en Loire-Atlantique, des analyses ont révélé des niveaux de nitrates dépassant les normes dans plusieurs communes, entraînant des coûts de dépollution croissants pour les usagers.
VIDÉO. Pollution et poissons morts dans le Layon
En Bretagne, dans le Finistère, des captages d’eau ont été fermés en raison de la pollution par les nitrates, obligeant les collectivités à investir massivement dans des systèmes de traitement de l’eau. Usines dont le coût est, une fois de plus, supporté par les consommateurs. Non loin, dans le Morbihan, une étude a révélé que la pollution par les pesticides a entraîné une augmentation de 30 % des factures d’eau pour les habitants, illustrant ainsi l’impact direct sur le budget des familles.
L’UFC-Que Choisir de Maine-et-Loire souligne que la majorité des dépenses de dépollution en France, estimées à plus d’un milliard d’euros par an, sont entièrement supportées par les usagers. Alors que des mesures de protection des captages sont urgentes
, moins de 1 % des exploitations agricoles en France sont contrôlées annuellement pour le respect des normes environnementales.
L’association appelle donc le Préfet à agir pour protéger les ressources en eau, en renforçant la réglementation sur l’utilisation des pesticides et en instaurant des taxes pour aider les petites communes à faire face à ces enjeux.
L’UFC-Que Choisir organisera une rencontre le 13 décembre sur le marché Place Leclerc à Angers pour sensibiliser le public à cette problématique cruciale.