Accueil Info Info en continu « La foudre se rapproche ! » : des vacances magiques et terrifiantes dans un château à la Cluedo

« La foudre se rapproche ! » : des vacances magiques et terrifiantes dans un château à la Cluedo

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photo  « immanquablement, nous avions, à un moment où un autre de notre séjour, une nuit d’orage… » photo d’illustration.  ©  remedios / getty images / istockphoto 1

« Immanquablement, nous avions, à un moment où un autre de notre séjour, une nuit d’orage… » Photo d’illustration. © Remedios / Getty Images / iStockphoto

Petit, un de nos lecteurs séjournait avec sa famille dans une vieille bâtisse du Maine-et-Loire pendant l’été. Un terrain de jeu inépuisable et une mine d’histoires extraordinaires pour des enfants. Il nous raconte ses souvenirs les plus savoureux dans le cadre de notre série « Mes plus belles vacances ».

Quel est votre plus beau souvenir de vacances ? Yves Besnard a répondu à notre appel à témoignages, dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs ». Voici son histoire…

« C’était une imposante bâtisse un peu décrépie du XVIIIe siècle. Baptisée La Régale, elle trônait au milieu d’un parc de 2,5 hectares, entouré de hauts murs de pierre, à Chambellay (Maine-et-Loire). Grâce à une association à laquelle appartenait mon père dans sa jeunesse, nous pouvions y séjourner à moindre coût avec d’autres familles.

De ces étés me reviennent l’odeur caractéristique des vieilles demeures (mélange de chaux, de vieilles tapisseries et de poussière), le fumet du pain grillé au feu de cheminée, le roucoulement des tourterelles turques, le « ding ding » du “Jeu des 1 000 francs” à la radio, sans oublier les aventures qui émaillaient ces séjours qui duraient tout le mois d’août.

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Le plan du château ressemblait au jeu de Cluedo. On y trouvait un hall (avec ses dalles blanches incrustées de cabochons d’ardoise aux angles que nous arrachions pour les faire sauter comme des palets), une salle de jeu (avec table de ping-pong et baby-foot), une bibliothèque (remplie de vieux exemplaires de Paris-Match racontant les rebondissements de l’affaire Marie Besnard), une vaste cuisine (avec sa cheminée monumentale dans laquelle on aurait pu rôtir un bœuf entier, au centre de laquelle trônait une table en chêne longue de six mètres, percée en son centre d’un mystérieux trou carré), une salle de télévision (avec ses chaises en arc de cercle devant le poste en noir et blanc et deux fauteuils capitonnés réservés aux patriarches) ou encore le perron et son double escalier couronné de pots de géraniums… Et cette tour étonnante abritant un escalier de service, avec, à chaque palier, des toilettes : rustique au rez-de-chaussée, un peu moins vieillot au premier et moderne au dernier étage.

« Ils se faisaient un malin plaisir de me terrifier »

Immanquablement, nous avions, à un moment où un autre de notre séjour, une nuit d’orage. Étant le plus jeune, mes frères et sœurs se faisaient un malin plaisir de me terrifier. Blottis sous nos couvertures, ils comptaient à combien de kilomètres était tombée la foudre, commentant systématiquement le résultat par un sentencieux et terrifiant : « Ça se rapproche ! ». Ils me faisaient aussi croire que le curé se levait, à chaque heure de la nuit, pour sonner les cloches de l’église. J’imaginais alors avec effroi la silhouette noire du vénérable curé braver les éléments et gravir le clocher pour nous donner l’heure qui, heureusement, n’était jamais notre dernière.

Et, quand ce n’était pas l’orage, les chauves-souris voletant dans les couloirs et les chambres se chargeaient de nous impressionner. Avec la peur, bien entretenue par mes frères et sœurs, qu’elles ne s’agrippent à nos cheveux.

Les baignades dans la Mayenne, à quelques encablures du château, étaient un rituel. La descente vers la plage se faisait en une joyeuse procession. Nous trottinions dans la rue principale avec nos affaires de plage, passions devant l’épicerie, dans laquelle un présentoir de voitures miniatures Norev me faisait rêver, notamment une Renault 6. Dans la rue, certaines maisons étaient flanquées de perrons jumeaux que nous escaladions et dévalions à toute vitesse.

Après avoir traversé le pont, d’où certains courageux plongeaient dans la Mayenne, nous arrivions au lieu de baignade, avec ses pontons de bois et son plongeoir. Dans le terrain jouxtant la plage étaient plantées des tentes de camping, ce qui me fascinait. Dormir dans une habitation en toile, quelle étrangeté, surtout quand il y avait de l’orage.

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« Tel un gladiateur, mon père maîtrisa le bouc »

Moment mémorable, l’année où un bouc, visiblement très en colère, s’était échappé du champ voisin et avait semé la panique au château. Tel un gladiateur, mon père, se saisissant d’une chaise de jardin, avait réussi à le maîtriser. Pour réconforter son petit monde, car elle faisait partie de ces personnes qui considéraient que tout peut se résoudre par l’alimentation, ma mère avait fait des crêpes, mais je refusais d’y toucher. Elles sentaient trop le bouc.

Aujourd’hui, le lieu de baignade dans la Mayenne existe toujours. Les pontons en bois semblent avoir résisté au temps, mais le plongeoir a disparu. Peut-être des téméraires plongent-ils encore du pont, comme autrefois. L’épicerie est fermée – remplacée par un distributeur automatique de baguettes près de l’église.

Quant au château, il n’existe plus. La mémoire familiale raconte qu’un excentrique Belge l’avait acheté pour le démonter pierre par pierre afin de le reconstruire dans son pays. Désargenté, il n’avait pu mener son projet à bien. Resté à moitié déconstruit, le château avait dû être démoli entièrement. La vraie raison de sa disparition est plus prosaïque. Un incendie l’a tellement endommagé qu’il a fallu le détruire. Le parc subsiste, vidé de son joyau, toujours entouré par les anciens mûrs de la propriété. Un lotissement occupe à présent la place laissée vacante. Il porte ironiquement le nom de… La Régale, le nom du château disparu. »

Et vous, quel est votre plus beau souvenir de vacances ? Racontez-nous via notre formulaire en ligne ou par courriel à courrierdeslecteurs@ouest-france.fr

 
Ouest-France  

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