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« La déviation est la dernière des solutions » : A Saint-Georges-sur-Loire, le panel citoyens ignoré... |
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Plus de 8 000 véhicules par jour traversent le bourg de Saint-Georges-sur-Loire, dont de nombreux camions. © Ouest-France
À Saint-Georges-sur-Loire, près d’Angers (Maine-et-Loire), un panel d’habitants a été créé afin de donner son avis sur le projet de contournement routier. Mais plusieurs de ses membres estiment ne pas avoir été écoutés.
Le panel de citoyens qui a travaillé sur le contournement de Saint-Georges-sur-Loire, près d’Angers (Maine-et-Loire) a-t-il été entendu ? Ce n’est pas ce que pensent Camille, Marina et Elma, toutes les trois membres de cette instance représentative créée à la demande du conseil départemental afin de donner un avis et d’émettre des préconisations pour réduire les nuisances du centre-bourg.
« Près d’un mois de réflexion et de débats a eu lieu, explique Camille, pour éclairer notre conscience sur ce que nous voulions collectivement. »
Marina, habite le centre bourg : « Avant d’entrer dans ce panel j’étais bourrée de certitudes. Pour moi, le contournement était la solution. Mais au fur et à mesure des discussions, le groupe a vu ses certitudes changer face aux réponses des experts scientifiques à nos questions. »
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Marina poursuit : « Bien sûr qu’il faut apaiser ce bourg mais, nous le disons tous, le contournement est la dernière des solutions. Celle qui laissera le plus d’impacts sur les gens, la nature et la biodiversité dont nous faisons partie. »
« Le contournement, une proposition qui date des années 1960 »
Le rapport produit par les 21 membres du panel est clair : il faut contourner grâce aux axes routiers sûrs et existants et ayant un réel impact sur les flux des camions et des voitures de Saint-Jean-de-Linières à Saint-Germain-des-Prés.
Sauf que « les élus de la commune nous ont expliqué que notre travail était terminé et que nous n’avions plus rien à dire sur une proposition qui ne convenait pas », s’agace Elma.
« La conférence du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) des Pays de la Loire qui s’est tenue la semaine dernière dans cette même salle est pourtant précise, argumente Angélique. Ce type de projet doit être réinterrogé au regard de la situation climatique… C’est ce que nous avons fait. »
Dans ce groupe, l’impression de s’être fait rouler dans la farine domine. « Je suis amère que tout ce travail de groupe, toutes les interventions de gens si différents et intelligents collectivement ne soient pas questionnés,s’étonne Camille. Le GIEC nous dit de changer de logiciel rapidement et nous répondons par une proposition de contournement qui date des années 1960 et qui nous engage, écologiquement et financièrement pour un demi-siècle. »