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« La dernière fois, c’était en 1995 » : pourquoi cette route très fréquentée à Angers sera volontairement inondée... |
Les voies sur berges d’Angers (Maine-et-Loire) vont être volontairement inondées pour éviter que la pression qu’exerce la Maine en crue sur leur structure ne devienne trop importante. Une décision prise par le conseil départemental, gestionnaire de cet axe emprunté chaque jour par 60 000 véhicules. Grâce à des vannes, de l’eau provenant de la Maine permettra d’équilibrer la pression colossale exercée par la rivière sur cet ouvrage essentiel.
Depuis lundi 16 février, 19 h, les voies sur berges d’Angers sont fermées à la circulation. Une décision du conseil départemental, gestionnaire de cet axe longeant la capitale de Maine-et-Loire et emprunté chaque jour par 60 000 véhicules. Mais ce n’est pas parce que la route risque d’être inondée que cette mesure a été décidée. Les voies sur berges sont fermées parce qu’elles vont être inondées volontairement. Incongru ? Pas vraiment…
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« Il faut équilibrer les forces »
En ce moment, les voitures qui empruntent les trois trémies des voies sur berges
- celle qui s’enfonce sous la place Molière, à proximité du château, celle qui dessert le carrefour Saint-Serge, et une dernière à hauteur de l’hôpital - roulent sous le niveau actuel de la Maine, explique Christophe Devoille. En soi, ce n’est pas grave, insiste le directeur adjoint des routes départementales. Mais plus la Maine monte, plus la pression qu’elle exerce sur le mur soutenant le tunnel augmente. À partir d’un certain seuil, il faut équilibrer les forces.
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« Le niveau ne sera pas impressionnant »
Et pour cela, on fait appel à l’eau. En se déversant du côté route du mur de soutènement, elle ajoute son poids, et donc sa force, à celle de la structure pour s’opposer à la pression des tonnes d’eau qui passent dans la Maine. Pour obtenir le résultat que nous cherchons, le niveau d’eau dans les trémies ne sera pas impressionnant, relativise Christophe Devoille. Mais il sera incompatible avec le maintien de la circulation.
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« On révise les procédures »
Dès la construction des voies sur berges, le dispositif avait été prévu. « Des clapets isolent la trémie de la rivière, décrit Christophe Devoille. Quand c’est nécessaire, on ouvre ces clapets grâce à une vanne et l’eau rentre dans la trémie.
L’opération, très rapide, reste rarissime. La dernière fois que cette méthode a été utilisée, c’était lors de la crue de 1995 - en 2004, seule la trémie de Saint-Serge avait été inondée. Alors depuis quelques jours, on révise les procédures. » Petit détail de l’histoire : « On a dû l’inonder avant de l’ouvrir à la circulation en 1977, rapporte Jean-Marc Verchère, ancien maire d’Angers et surtout, en l’occurrence, chargé du chantier à l’époque.