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« Je suis fou de joie, la boucle est bouclée » : à 82 ans, le créateur de la marque Catimini lui redonne un avenir... |
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Après avoir quitté les rênes de Catimini au début des années 2000, Paul Salmon, 82 ans, n’a pas pu se résoudre à voir son « bébé » peu à peu relégué aux oubliettes, il a été le facilitateur du rachat de la marque du groupe ÏDKIDS par Children Worldwide Fashion (CWF). © Ouest-France
Janvier 2026 marque la renaissance de Catimini, marque historique de la mode enfantine française, créée en 1972 à Sèvremoine, près de Cholet (Maine-et-Loire), par Paul et Monique Salmon. Le premier livre les coulisses de son rachat par CWF, poids lourd du secteur, basé aux Herbiers, en Vendée. Rencontre.
Le 13 janvier, il a passé la journée aux Herbiers (Vendée) chez Children Worldwide Fashion (CWF), à voir renaître sur écran et sur le papier la marque de vêtements pour enfants qu’il créait en 1972 avec son épouse Monique. Quelques jours à peine après le rachat encore confidentiel de Catimini par ce poids lourd d’une mode enfantine tournée vers le luxe, Paul Salmon, 82 ans, est aux anges. C’est des pros, des gens qui savent manier ce que c’est qu’une collection, un thème, etc.
Une première collection est ainsi sur les rails pour 2027.
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Quatre ans auparavant, l’état d’esprit est tout autre. La marque née à Saint-Macaire-en-Mauges (Sèvremoine), près de Cholet (Maine-et-Loire), est alors sauvée à la barre du tribunal de commerce de Paris, fin novembre 2020. Elle est rachetée par le groupe ÏDKIDS, basé à Roubaix (Nord), au Chinois Semir, qui, lui-même, l’avait récupérée en acquérant le groupe Kidiliz (ex-groupe Zannier) fin 2018. Au printemps 2022, enfin, l’activité de Catimini, qui mobilise encore 26 personnes, quitte le berceau historique des Mauges pour le Nord.
Une fausse joie
Délaissant son « bébé » au début des années 2000, à la faveur du rachat par le groupe Zannier, Paul Salmon vit douloureusement l’acquisition chinoise. La pilule passe mieux avec la suivante. ÏDKIDS, c’est Jean Duforest. C’est un bon à moi. On a pratiqué ensemble au Centre des jeunes dirigeants, à Paris. Je pense qu’il a repris parce qu’il y avait peut-être une sensibilité avec moi.
Le créateur de Catimini se dit alors très content
, mais la marque est mise de côté. J’ai senti rapidement que ça n’allait pas fonctionner.
Impliqué, de nouveau
Voyant sa création reléguée aux oubliettes, les dernières boutiques fermant, Paul Salmon ne laisse pas faire. J’ai dit à Jean : « Écoute, moi, je vais essayer de m’en occuper, parce que ça m’affecte. » Cette marque, je la porterai toujours, ça a été ma façon charismatique de faire mon métier, plus impliqué peut-être que la moyenne. Impliqué parce que c’était une affaire familiale avec mon épouse. Impliqué parce que c’était une marque assez proche de mes sensibilités, les enfants, le Choletais, etc.
Une solution évidente
Celui qui fut à la tête d’une société qui compta jusqu’à un millier de salariés voyage alors en Asie, Japon et Corée du Sud, prend contact avec des marques américaines, Estar Brands ou The Children’s Place, fait feu de tout bois. Jean me disait : « Fais ça pour moi », mais je n’ai pas abouti.
Fin 2023, il se tourne vers CWF. C’est une boîte de 400 personnes. Ils rayonnent dans le monde entier, surtout au Moyen-Orient, et ils ont une douzaine de grandes griffes de l’adulte pour lesquelles ils font de l’enfant en licence.
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CWF, c’est ainsi deux marques en propre, Kids around (85 boutiques dans 29 pays) et Billieblush, et des collaborations avec Givenchy, Hugo Boss, Lagerfeld, Lanvin, Kenzo, Marc Jacobs ou DKNY. Pendant deux ans, Paul Salmon fait l’intermédiaire entre son ami Jean et Freddy Mallet, patron de CWF et ami aussi. L’argent est un frein, jusqu’à ce que le premier lâche du lest et que l’affaire se fasse. Je suis fou de joie. La boucle est bouclée, c’est bien, c’est une belle histoire. Et c’est pas parce qu’on tombe qu’on ne peut pas se relever.