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« Il a fallu marcher et tendre l’oreille ». La belle balade conté dans la forêt de Linières... |
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Guillaume troubadour des temps modernes a déniché dans la forêt d’étranges petites bêtes à carapace dont le rôle écologique et insoupçonné est essentiel voire indispensable dans une nature fragile. © Ouest-France
Samedi 12 avril 2025, lors de la balade contée dans les bois de Linières organisée par l’Échappée anjouée, Guillaume Poirier a conté mille histoires qui ont réveillé l’imaginaire de chacun des participants.
L’heure était à l’observation mais aussi à l’émerveillement, samedi 12 avril 2025 pour la balade contée dans les bois de l’Échappée anjouée, lorsque le petit groupe a pénétré le bois touffu de Linières. Sans doute fallait-il être attentif, mais Guillaume Poirier de l’Échappée anjouée, joyeux troubadour des temps modernes, a conté mille histoires qui ont réveillé l’imaginaire de chacun des participants à cette balade pas tout à fait comme les autres. Il a fallu marcher et tendre l’oreille !
C’est un nettoyeur de la nature qui se nourrit des excréments
Il pleuvait des petites gouttes qui ruisselaient sur les feuilles toutes neuves des arbres et arbustes jalonnant le sentier moussu. Guillaume, son stetson de cow-boy vissé sur la tête, a recueilli, dans le creux de sa main, un petit insecte tout noir et fortes mandibules qu’il fait découvrir à chacun des marcheurs. « Un bousier, dit-il d’une voix sentencieuse. C’est un nettoyeur de la nature qui se nourrit des excréments des animaux. Vous le voyez qui va, qui vient poussant à reculons une boule énorme. Il est particulièrement robuste pour sa taille. Les œufs naissent dans la boule, les larves se nourrissent des excréments. Sans eux, l’élevage du bétail en plein air serait impossible. »
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Et Guillaume l’écologiste redonne la liberté à la petite bête en la déposant dans le milieu naturel. Le chemin sillonne la forêt touffue et conduit jusqu’à une cabane en bois bâti avec des branches entrecroisées. Les enfants s’y réfugient et jouent aux Robinson Crusoé. L’homme au stetson a cueilli sur un églantier aux tiges piquantes une Barbe de Saint-Pierre qui a un aspect chevelu. « C’est une galle. Touchez comme c’est dur. À l’intérieur, des logettes, chacune étant occupée par une larve qui se métamorphosera puis l’insecte s’envolera. Merveille de la vie ! », s’exclame le conteur qui va de l’un à l’autre en faisant toucher. La troupe poursuit sa route et la forêt devient plus dense, plus mystérieuse.

C’est la hutte toute en bois de Robinson Crusoé que les ados du club Nature ont construite en entrecroisant les branches sèches. Guillaume, homme de la forêt, n’a pas manqué de s’y arrêter et d’évoquer la vie sauvage. Ouest-France
Au bas du coteau, une queue touffue trahit la présence d’un écureuil roux. Une aubaine pour Guillaume qui entend jouer sa carte de troubadour. « Un couple de retraités qui vivait dans un milieu inhospitalier voire hostile, a survécu à un hiver rigoureux et un manque de provisions, grâce à un écureuil sans doute conscient de la détresse des deux humains. Chaque jour, il déposait sur le rebord de la fenêtre noix, noisettes et cynorhodons pour leur venir en aide. Maigre pitance mais qui a permis au couple de passer le cap. » Un grand silence s’est établi dans la troupe. Tout cela était merveilleux et émouvant.
« Un sujet passionnant, des moments suspendus, a dit Brigitte Jublan conseillère chargée de l’organisation de cette balade insolite, Guillaume a su par ses talents de conteur et ses connaissances de la flore et de la faune locales, nous mettre au cœur de la biodiversité de nos territoires. Nous lui en sommes reconnaissants. »