|
« Ce n’est pas du tout absurde » : l’artiste Descloux est militant « recyculteur »... |
1
Alban Descloux revendique le beau et le solide avec des matériaux de récupération. © CO
Alban Descloux expose à Senghor, au May-sur-Evre (Maine-et-Loire), ses œuvres qui font l’éloge de la seconde vie des objets et matériaux.
Le mot n’existe pas encore dans le dictionnaire ; ils l’ont eux-mêmes inventé. Eux, ce sont les militants du recyclage, de la récupération, de la seconde vie. Le mot, c’est « recyculteur » : Nous sommes plusieurs militants du recyclage à nous retrouver au sein de l’association La Colporteuse, au château de Sanzay dans les Deux-Sèvres ; nous y avons créé une formation sur le réemploi de matériaux autour des métiers de la main »,
explique Alban Descloux.
L’artiste s’est donné pour mission de convaincre les populations de l’utilité et de l’économie du principe de la réutilisation : Bien sûr, moi j’en fais des œuvres mais il existe toute une économie autour de cette idée et ce n’est pas du tout absurde ; ça peut d’ailleurs aller très loin, comme ce bâtiment d’Emmaüs qui a été entièrement rénové avec des matériaux de récupération, à commencer par la charpente qui servait avant à une école. Il faut convaincre les architectes et les artisans mais j’y crois.
À LIRE AUSSI : La seconde main aux pieds : comment Éram offre une seconde vie à des dizaines de milliers de chaussures
« Cette volonté du réemploi m’a rattrapée »
La situation idéale pour Alban Descloux, c’est lorsqu’il peut réaliser une œuvre sur commande à partir d’objets récupérés chez le client. S’il n’est pas né avec cette conscience, il est toutefois rapidement tombé dans la marmite du bricoleur : J’ai toujours aimé cela ; j’ai travaillé pendant 20 ans dans l’industrie chez Nicoll à Cholet et puis cette volonté du réemploi m’a rattrapé, j’en fais aujourd’hui mon métier.
Formations, conférences, interventions dans les écoles et auprès des collectivités… Alban Descloux se transforme parfois en véritable commercial de la recyculture : Je veux montrer qu’on peut réaliser de belles choses originales et qui tiennent dans le temps.
Et ces belles choses, il les expose donc dans la galerie de l’espace Senghor. Des totems, tableaux, panneaux et surtout des fleurs : C’est ma période fleurs en ce moment.
Elles ornent les murs de la salle de spectacle avant de vivre, elles aussi, une seconde vie à la bibliothèque à partir d’avril.
Exposition d’Alban Descloux jusqu’au 10 avril salle Senghor aux heures d’ouverture et lors des spectacles.