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« C’est un peu comme le Comté avec l’affinage » : les muscadets veulent valoriser leurs durées d’élevage... |
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Des muscadets figurent désormais sur la liste des produits de la marque locale Juste, visant à mieux rémunérer les agriculteurs en partant de leurs coûts de production. © Mathieu Pattier / Ouest France
Des vignerons indépendants du pays nantais veulent mettre en avant la durée d’élevage de leur muscadet sur les bouteilles. Une première gamme a été présentée au Salon de l’agriculture.
Ne dites plus du muscadet, mais « des » muscadets. Aux terroirs, aux millésimes, aux savoir-faire des vignerons, qui différenciaient déjà les bouteilles de ce vin blanc sec du pays nantais, s’ajoutent, désormais, les durées d’élevage.
Ce nouveau classement, lancé par les Vignerons indépendants, a été dévoilé mercredi 25 février 2026, au Salon de l’agriculture de Paris. Plusieurs durées d’élevage -ce temps passé en cuve souterraine, avant la mise en bouteille- pourront ainsi être mises en avant sur les bouteilles : trois, six, quinze et, à moyen terme, vingt-quatre mois. « Elle peut être comparée à la manière dont le Comté, par exemple, communique sur sa durée d’affinage » estime Édouard Massart, président des Vignerons indépendants des Pays de la Loire.
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Alors que le monde du vin fait face à une baisse de consommation, cette stratégie permet de valoriser des pratiques qui existaient déjà dans les faits. Et de mieux répondre à des acheteurs soucieux d’avoir le bon vin qui répond à son besoin. C’est l’apéritif ? Il y a un muscadet jeune et frais qui convient. Ce soir c’est coquilles saint-Jacques ? Alors il faut un muscadet plus mature et on sait comment l’identifier en rayon.
Une montée en gamme
Pour l’instant, seuls trois vignerons proposent cette nouvelle segmentation. Leurs bouteilles dévoilées au Salon de l’agriculture présentent une autre nouveauté : elles font partie d’une gamme lancée dans le cadre de la marque Juste. Une démarche lancée en Loire-Atlantique et Vendée visant à rémunérer plus justement les agriculteurs, en partant d’abord de leurs coûts de production.
Le montant revenant aux viticulteurs de ces muscadets équitables variera de 1,84 à 2,63 € selon les durées d’élevage, pour un prix de vente au consommateur conseillé entre six et 10 €. Une belle opération marketing, quand on sait que le prix moyen du muscadet en grande distribution est, aujourd’hui, de 4,40 €.