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« C’est lamentable » : ces jardiniers privés d’eau sont en colère en Maine-et-Loire... |
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Le barrage de la Digue entièrement abaissé ne laisse passer qu’un filet d’eau. Les jardiniers ne demandent qu’une planche de 30 cm pour retenir un peu d’eau de l’Erdre. © Ouest-France
Une simple planche de 30 cm suffirait au bonheur des jardiniers de Saint-Gilles, à Candé (Maine-et-Loire). Rien n’y fait. La priorité semble donnée à la partie navigable de l’Erdre.
Cultiver son jardin s’avère être un excellent exercice physique. Mais pour récolter, il faut arroser. Mais les trois jardins familiaux de Candé (Maine-et-Loire) ne sont pas logés à la même enseigne en termes d’accès à l’eau.
Si le jardin de la Vignouze dispose d’un puits et d’une éolienne, les jardiniers ont aussi anticipé en installant des cuves d’eau de 1 000 litres pour stocker l’eau de pluie. Le jardin de la Saulaie, lui, a l’avantage d’être traversé par des petits cours d’eau. Les jardiniers peuvent la puiser, tant que cela leur est autorisé et qu’ils ne sont pas à sec.
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« Ils ne veulent pas en entendre parler »
En revanche, les jardiniers de Saint-Gilles sont très inquiets car ces jours-ci, le niveau de l’Erdre, qui borde les jardins, est insuffisant. Ceux qui disposent d’une pompe ne peuvent pas l’utiliser et les autres n’y plongent plus leurs arrosoirs pour les remplir. D’après eux, la situation serait notamment liée à la suppression du barrage qui retenait l’eau, passage de la Digue.
« On demande qu’une planche de 30 cm soit remise en place pour que l’arrosage redevienne possible. Il n’y a rien à faire. Ni la préfecture, ni le Syndicat du bassin-versant de l’Erdre (Edenn), ne veulent en entendre parler, expliquent les jardiniers de Saint-Gilles. Ces trente centimètres n’empêcheraient pas l’eau de passer par-dessus et continueraient à alimenter l’aval. »
Le soutien de la mairie
Les jardiniers, qui ont entamé des démarches, pensent « que la priorité est donnée à la partie navigable de l’Erdre, à Nort-sur-Erdre (Loire-Atlantique) ». Selon eux, la baisse de niveau du cours d’eau engendrerait « la mort d’un tas de poissons de la rivière qui, par ailleurs, est envasée ».
« À la préfecture (1), on m’a répondu que pour les poissons, il fallait les pêcher », déplore Daniel Maussion un jardinier. « C’est lamentable. Ce ne sont pas des gens qui vivent sur le terrain qui prennent de telles décisions », estime Joël Bourgeais, président des jardins familiaux.
Le maire de Candé est venu soutenir les jardiniers le 5 juillet. La commune ne peut pas faire sans l’accord de la préfecture
, indique le maire. La police de l’eau veille.
(1) Contactée par courriel le 16 juillet, la préfecture de Maine-et-Loire n’a pas répondu.