Accueil Info Info en continu Angers. Sept mois en réanimation : Jean-Pierre raconte son combat contre le Covid-19

Angers. Sept mois en réanimation : Jean-Pierre raconte son combat contre le Covid-19

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photo  baugé, chemin de rancan, 17 juin 2021. jean-pierre renou est encore bouleversé par l’épreuve qu’il vient de traverser  au chu d’angers. il raconte ce voyage au bout de l’enfer depuis l’établissement de santé baugeois-vallée où il tente de se refaire une santé.  ©  co – laurent combet 2

Baugé, chemin de Rancan, 17 juin 2021. Jean-Pierre Renou est encore bouleversé par l’épreuve qu’il vient de traverser au CHU d’Angers. Il raconte ce voyage au bout de l’enfer depuis l’Établissement de santé Baugeois-Vallée où il tente de se refaire une santé. © CO – Laurent COMBET

Jean-Pierre Renou, 73 ans, a battu un record parmi tous les malades atteints du Covid-19 : celui du plus long séjour en réanimation au CHU d’Angers. Après plus de 200 jours entre la vie et la mort, il s’apprête à retrouver son domicile. Témoignage.

C’est une maison de plain-pied à la sortie de Baugé dans laquelle Jean-Pierre et Mauricette Renou, 73 et 72 ans, comptent y couler leurs vieux jours ».

«On avait vendu à Jarzé pour faire construire ici. Mais le chantier a pris beaucoup de retard à cause du premier confinement. On a dû rester neuf mois dans le camping-car avant de pouvoir emménager. Tout était terminé, peint et meublé. Je pensais que j’allais enfin pouvoir me reposer », raconte cet ancien responsable de production de l’usine de chaussures Éram.

Le retraité n’aura eu l’occasion de dormir qu’une nuit complète sous ce toit, celle du 13 novembre 2020. La suivante, son épouse appelait le Samu pour qu’il soit transféré au CHU d’Angers. Après trois semaines de gêne respiratoire et un test PCR positif, son état de santé venait subitement de se dégrader.

Jean-Pierre ne se souvient pas de la porte de l’ambulance qui s’est refermée sur ses rêves, moins encore des quatre mois qui ont suivi, plongé dans le coma et intubé, alternant position dorsale et ventrale.

« Ils ne savaient plus quoi lui donner comme antibiotique »

On n’a pas pu le voir avant le jour de Noël », explique Franck, 53 ans, un de ses quatre enfants. Le souvenir de cette première visite et de toutes celles qui ont suivi pendant la seconde vague de l’épidémie hante encore son esprit : C’était toujours en dents de scie. Une rechute succédait à un jour heureux. Il a même été désintubé et réintubé dans la même journée. Une fois, un médecin nous a fait comprendre qu’il ne fallait pas avoir trop d’espoir… .

photo jean-pierre renou, dans sa chambre de l’hôpital de baugé où il poursuit sa convalescence?, entouré de son épouse, mauricette, et d’un de ses quatre enfants, franck, par ailleurs responsable du service restauration de cet établissement de santé.  ©  co – laurent combet

Jean-Pierre Renou, dans sa chambre de l’hôpital de Baugé où il poursuit sa convalescence?, entouré de son épouse, Mauricette, et d’un de ses quatre enfants, Franck, par ailleurs responsable du service restauration de cet établissement de santé. CO – Laurent COMBET

Les nerfs de Mauricette ont été mis à rude épreuve : Il a quand même fait 11 infections pulmonaires ! Les médecins ne savaient plus quoi lui donner comme antibiotique. J’étais dans l’angoisse. J’aurais préféré que les nuits n’existent pas », soupire-t-elle.

Elle a été solide, très solide , admire Jean-Pierre dont le retour à la pleine conscience remonte à une autre date symbolique, celle de son anniversaire le 21 avril dernier. Le médecin a été le premier à me le souhaiter en entrant à minuit dans ma chambre », sourit-il. Sa reconnaissance à l’égard de l’équipe qui l’a soigné, manipulé et stimulé pendant sept mois, est infinie.

De la rééducation et des dialyses

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Pour fêter leur champion », les blouses blanches lui ont réservé une haie d’honneur le 8 juin dernier, jour de son départ, le 206e dans le service de réanimation chirurgicale. Le Pr Lasocki m’a fait goûter une cuillère de rhum. Ça m’a réchauffé le cœur », rapporte Jean-Pierre qui n’oubliera pas non plus les pitreries des infirmières pour doper son moral. J’ai essayé chaque jour d’en faire un peu plus pour retrouver des forces. Elles m’applaudissaient quand je marchais. Elles venaient aussi danser et chanter devant moi pour me faire rire. Sensationnel… ».

Sa convalescence se poursuit depuis à l’hôpital de Baugé, dans l’unité des soins de suite et de rééducation. Sa maison neuve n’est plus qu’à 500 mètres de sa chambre et du couloir où il s’aventure en déambulateur, entre trois séances de dialyses hebdomadaires, même si ses reins retrouvent peu à peu de la vigueur.

Le retour à domicile est prévu mardi à 11 heures. Cette perspective émeut aux larmes ce dur au mal qui n’en aura jamais autant versé depuis cet interminable corps à corps avec le Covid-19. J’ai toujours voulu m’en sortir. Je n’ai pensé qu’à ma famille, à ma maison et mon camping-car. »

Les ingrédients de son bonheur l’attendent au bout du chemin.

 
Anthony PASCO    Courrier de l'Ouest  

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