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« À un moment, il faut dire stop » : pourquoi les pros du bâtiment ont manifesté devant la préfecture de Maine-et-Loire... |
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Les pros du bâtiment ont sorti les pancartes devant la préfecture pour manifester leur mécontentement. © Ouest-France
Une quinzaine d’artisans et artisanes du bâtiment se sont rassemblés, ce mercredi 17 décembre 2025, devant la préfecture de Maine-et-Loire. Raison de la colère : des dispositifs comme MaPrimeRénov’ et la gestion des déchets jugés « inadaptés ». Avec des conséquences sur leur activité. Explications.
Les pros du bâtiment dans la rue, c’est suffisamment rare pour être souligné. D’ailleurs, Rémi Dolley, secrétaire général adjoint de la Capeb 49, le syndicat patronal de l’artisanat du bâtiment à l’origine du rassemblement de ce mercredi matin 17 décembre 2025 à Angers (Maine-et-Loire) le confesse volontiers :  Nous sommes plutôt conformistes. Pour que ça sorte, c’est qu’il y a un vrai ras-le-bol : à un moment, il faut dire stop.Â
Instabilité et attentisme
Dans la ligne de mire des artisans et artisanes : deux dispositifs mis en place par les pouvoirs publics. Le premier concerne MaPrimeRénov’, une aide pour la rénovation énergétique des logements ballottée entre retards, fraudes et incertitudes sur son financement.  Depuis 24 mois, elle n’arrête pas de bouger et crée de l’instabilité et de l’attentisme de la part des clientsÂ
, développe Rémi Dolley.
Des carnets de commandes chahutés
Conséquence : les carnets de commandes sont chahutés.  Le mien a fondu de deux mois
, abonde Franck Bertrand, gérant d’une entreprise de menuiserie à Corné, employant huit salariés et trois apprentis. Aujourd’hui, tout est frein au montage des dossiers.Â
À cela, s’ajoute la responsabilité élargie des producteurs, la REP, comme on dit. L’autre point de crispation.
Des services « pas beaucoup utilisés »
Ce dernier est lié à la gestion des déchets par les pros du bâtiment qui doivent, entre autres, les déposer dans des points de collecte répartis dans tout le département.
 Beaucoup sont gérés par des distributeurs de matériaux, obligés par la réglementation
, relève Rémi Dolley. Seulement, si vous n’êtes pas client, vous ne pouvez pas les déposer, les horaires ne sont pas les bons, il faut des applications, éditer des bordereaux, etc. Ces services ne sont pas beaucoup utilisés. Et je vous passe les consignes de tri, pas du tout claires.Â
« Les entreprises ne sont pas contre »
Pour autant, pas question de dire que le bâtiment rechigne à gérer les déchets.  Les entreprises ne sont pas contre et font d’ailleurs très bien le boulot. Seulement, ces dispositifs ont été créés par des technocrates. Et ils ne connaissent pas du tout les réalités du terrain.Â