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Volley. « Le budget du REC n’est pas en adéquation avec la réalité du club », déplore son entraîneur... |
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Frédéric Gibert et ses joueurs, le 4 novembre 2025, en Coupe de France face à Martigues. © Yannick Giraud
L’entraîneur du REC Volley Frédéric Gibert pose un regard circonstancié sur les difficultés financières qui impactent le club. Et met en avant les choix qui doivent être réalisés à l’avenir, avant la réception de Martigues, ce vendredi 12 décembre (20 h) en Ligue B.
Le REC Volley, dont l’équipe masculine évolue en Ligue B (2e division) et l’équipe féminine en Elite (2e division), est en difficulté financière. Le club recherche 150 000 € très rapidement pour assurer la continuité de ses activités. L’entraîneur de l’équipe masculine Frédéric Gibert réagit, avant la réception de Martigues, ce vendredi 12 décembre en Ligue B (20 h).
Le groupe est-il affecté par les incertitudes financières qui pèsent sur l’avenir du REC ?
Le groupe ne regarde pas ça, et il a bien raison. L’entraîneur un peu plus. J’ai suffisamment d’expérience et une connaissance du haut niveau pour savoir ce qu’il s’y passe. De toute évidence, notre budget n’est pas en adéquation avec la réalité du club, deux équipes professionnelles. Il y aurait deux clubs, le cumul des deux budgets serait bien plus conséquent. Il faudrait qu’il y ait une vraie prise de conscience que pour faire fonctionner le volley féminin et masculin au très haut niveau, un club a besoin de moyens plus importants, et seul le REC volley est en position de le réaliser. Si on veut monter et passer un cap, on ne peut pas continuer à fonctionner de cette manière-là , alors qu’il y a tout pour réussir ici.
Que pensez-vous des scénarios envisagés pour la suite : choix entre les filles et les garçons, création d’une société ou club amateur ?
Quelle que soit la forme que ça va prendre, la solution passe par des ressources plus fortes. J’ose espérer que les collectivités publiques et les partenaires privés s’aperçoivent que ce n’est pas de l’argent perdu quand ils investissent, bien au contraire. Si certaines équipes vont encore plus haut, ça va créer des vocations, les jeunes vont vouloir faire ce sport-là . Au final, ce ne seront pas des moyens qui devront être mis dans la sécurité ou dans la santé parce qu’on aura des gamins qui vont apprendre des choses par le sport, et qui bénéficieront de valeurs. On n’invente rien, en pratiquant une activité, on remet des jeunes dans le bon chemin. En France, on n’a toujours pas compris que mettre des fonds dans le sport ne constitue pas une dépense, mais un investissement.
Ressentez-vous l’espoir que ce message, le seul pour que le REC aille au très haut niveau, passe un jour ?
Sur le plan mondial, le très haut niveau évolue d’années en années, que ce soit sur les technologies ou les méthodes d’entraînement. Dans de nombreux pays, on donne aux sportifs les possibilités pour être meilleurs. En France, on n’est pas encore dans une optique de haut niveau, on ne fournit pas les moyens nécessaires pour y arriver, on n’est pas assez dans une démarche de performance. On regarde d’abord combien ça coûte, sans savoir combien cela va rapporter. Il faudrait qu’on inverse notre raisonnement.