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VIDÉO. Après avoir survécu en mer Égée, la syrienne Yusra nagera à Rio... |
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Yusra Mardini va nager à Rio dans l'équipe pour l'équipe des réfugiés invitée par le comité international olympique. © HCR/Gordon Welters
Cette jeune réfugiée, qui avait traversé l'Égée au péril de sa vie en 2015, a reçu une invitation du Comité international olympique.
Yusra Mardini a explosé de joie, ce week-end, en recevant l'e-mail tant attendu du Comité international olympique. Elle sera bien au stade de Maracana de Rio, le 5 août, à la cérémonie d'ouverture des JO. Elle défilera sous le drapeau aux cinq anneaux, avec un autre nageur syrien, deux judokas congolais et six athlètes soudanais et éthiopiens. Ces dix-là composeront la première équipe de réfugiés jamais engagée aux Jeux.
La jeune nageuse a fui Damas, avec sa soeur Sarah, en août 2015. Beyrouth, Istanbul puis Izmir sur la côte turque, où elles soudoient un passeur pour l'île grecque de Lesbos. Au milieu de la mer Égée, le moteur cale. Yusra, sa soeur et un troisième réfugié se jettent à l'eau. L'embarcation mettra trois heures avant de toucher le rivage. « J'ai haï la mer après ça », dit-elle.
Arrivées à Berlin à l'automne, après s'être fait délester de leur argent en Serbie et de leurs effets en Hongrie, Yusra et sa soeur sont guidées par un traducteur égyptien jusqu'au club de natation Spandau 04. Le plus proche du foyer qui les héberge.

Yusra adopte l'horaire allemand. Lever à 5 h et trois entraînements par jour, entre les cours au lycée. « Je pensais au départ que l'on pourrait viser les JO de Tokyo en 2020. Elle est extrêmement concentrée », dit son entraîneur Sven Spannekrebs. « C'est la chance d'une vie, je dois travailler fort », répond la jeune fille enjouée qui, à Rio, disputera le 200 m nage libre. Elle se sent responsable de tous les réfugiés : « Je veux qu'ils soient fiers, je veux leur donner du courage. »
La Syrie ? Elle espère y retourner un jour, après la guerre, et raconter son histoire. « Peut-être, dit-elle, que je serai une vieille femme. »